Ce que les banques suisses doivent savoir sur la gestion des risques liés aux tiers dans le cadre de NIS 2

Le secteur financier suisse est soumis à certaines des exigences les plus strictes au monde en matière de protection des données et de résilience opérationnelle. Pourtant, alors que la directive NIS 2 de l’Union européenne entre en vigueur dans les juridictions voisines, les banques suisses doivent faire un choix stratégique : considérer NIS 2 comme une contrainte réglementaire étrangère ou adopter ses principes de gestion des risques tiers comme un avantage concurrentiel. Cette seconde approche s’aligne sur les directives FINMA déjà en place en Suisse tout en renforçant la défense contre les attaques sur la supply chain, qui ont déjà coûté des milliards aux institutions financières en remédiation, atteinte à la réputation et perte de confiance des clients.

NIS 2 élargit le champ d’application des entités concernées, accroît la responsabilité des dirigeants et impose des exigences explicites pour identifier, évaluer et atténuer les risques introduits par les prestataires tiers. Pour les banques suisses qui servent des clients de l’UE, traitent des paiements transfrontaliers ou s’appuient sur des fournisseurs cloud et logiciels opérant dans l’UE, la portée de NIS 2 dépasse le simple cadre juridique formel. Cet article explique comment les banques suisses peuvent opérationnaliser les exigences de gestion des risques tiers de NIS 2, les intégrer dans les cadres de conformité FINMA existants et protéger les données sensibles au sein d’écosystèmes fournisseurs complexes.

Résumé Exécutif

NIS 2 impose aux opérateurs d’infrastructures critiques de l’UE des obligations contraignantes pour gérer les risques de cybersécurité introduits par les fournisseurs, sous-traitants et prestataires tiers. Bien que la Suisse soit hors du périmètre réglementaire de l’UE, les banques suisses qui opèrent des services transfrontaliers, détiennent des filiales dans l’UE ou travaillent avec des fournisseurs soumis à NIS 2 doivent considérer la directive comme opérationnellement contraignante. Elle exige de cartographier les dépendances fournisseurs, d’évaluer les contrôles de sécurité sur la supply chain, d’imposer des obligations contractuelles de sécurité et de conserver des traces d’audit démontrant une surveillance continue. Les banques suisses qui alignent proactivement leurs programmes de gestion des risques tiers sur les principes de NIS 2 réduisent leur exposition aux attaques sur la supply chain, répondent aux attentes de résilience opérationnelle de la FINMA et renforcent leur position concurrentielle sur les marchés de l’UE.

Résumé de l’Essentiel

  • Point clé 1 : NIS 2 oblige les entités concernées à assurer une surveillance continue des risques de cybersécurité liés aux tiers, y compris les sous-traitants et fournisseurs de services cloud. Les banques suisses doivent élargir l’évaluation des risques au-delà des fournisseurs directs pour cartographier les dépendances transitives et imposer contractuellement les exigences de sécurité tout au long de la chaîne.

  • Point clé 2 : Les dispositions sur la responsabilité des dirigeants rendent les cadres bancaires personnellement responsables en cas de défaillance dans la supervision des risques tiers. Les banques suisses doivent documenter les décisions de gestion des risques, conserver des traces d’audit infalsifiables et démontrer que la gouvernance de la cybersécurité s’étend aux relations fournisseurs, conformément à la Circulaire FINMA 2023/1 sur la résilience opérationnelle.

  • Point clé 3 : NIS 2 impose la notification des incidents dans les 24 heures suivant la détection d’un événement de cybersécurité significatif affectant la continuité des services. Les banques suisses doivent mettre en place des mécanismes d’alerte automatisés qui capturent les incidents d’origine fournisseur et les corrèlent avec la télémétrie de sécurité interne pour respecter des délais de reporting raccourcis.

  • Point clé 4 : La directive impose le principe de sécurité dès la conception pour les logiciels et services acquis auprès de tiers. Les banques suisses doivent réaliser des évaluations de sécurité précontractuelles, valider la conformité des fournisseurs aux normes reconnues et imposer un suivi continu via des accords de niveau de service assortis d’indicateurs de sécurité mesurables.

  • Point clé 5 : L’impact extraterritorial de NIS 2 découle des cascades contractuelles et des exigences d’accès au marché. Les banques suisses qui servent des clients de l’UE ou collaborent avec des entités réglementées par l’UE subissent une pression indirecte de conformité, rendant l’alignement proactif stratégiquement préférable à une remédiation réactive lors du renouvellement des contrats.

Pourquoi NIS 2 est crucial pour les banques suisses hors juridiction UE

Les banques suisses évoluent dans un environnement réglementaire structuré par le cadre de supervision FINMA, qui met déjà l’accent sur la résilience opérationnelle, la protection des données et la gestion des risques. La Circulaire FINMA 2023/1 sur la résilience opérationnelle exige l’identification des processus métier critiques, l’évaluation des dépendances aux prestataires tiers et la mise en place de plans de continuité tenant compte des défaillances fournisseurs. Les exigences de gestion des risques tiers de NIS 2 sont parallèles à ces attentes, mais introduisent des contrôles techniques spécifiques, des délais de notification d’incident et des obligations de cartographie de la supply chain allant au-delà du socle réglementaire suisse.

L’impact concret provient de l’interconnexion des réseaux financiers à travers les juridictions. Les banques suisses traitent des paiements transfrontaliers via SWIFT et TARGET2, qui s’appuient sur des infrastructures de l’UE. Elles dépendent de fournisseurs cloud exploitant des data centers dans plusieurs pays. Lorsqu’un fournisseur subit un incident de cybersécurité, la perturbation se propage via ces dépendances, quel que soit le siège de la banque. Une attaque ransomware sur la région UE d’un fournisseur cloud peut priver les banques suisses d’accès à des applications critiques.

Les contreparties européennes intègrent de plus en plus des clauses de conformité NIS2 dans les contrats avec des partenaires non-UE. Les banques qui négocient des accords de service avec des banques correspondantes, dépositaires ou fournisseurs technologiques basés dans l’UE font face à des exigences d’alignement sur les standards de gestion des risques tiers de NIS 2. L’incapacité à démontrer des contrôles équivalents compromet le renouvellement des contrats et limite l’accès au marché. Les banques suisses qui considèrent NIS 2 comme une simple liste de contrôle passent à côté de l’opportunité de renforcer leur résilience face aux menaces réelles issues des relations fournisseurs.

Comment les incidents tiers se propagent dans les réseaux financiers

Les attaques sur la supply chain exploitent la confiance entre organisations. Les attaquants compromettent un fournisseur aux contrôles de sécurité plus faibles, puis utilisent ce point d’entrée pour se déplacer latéralement vers les clients. La faille SolarWinds a montré comment une mise à jour logicielle peut propager un malware à des milliers de clients. La vulnérabilité MOVEit a exposé les données d’institutions financières ayant fait confiance à un outil de transfert de fichiers sans valider sa sécurité.

Les banques suisses font face à un risque concentré, car les services financiers reposent sur un nombre limité de fournisseurs spécialisés pour des fonctions clés. Un seul prestataire de paiement peut traiter les transactions de dizaines de banques. Lorsqu’un de ces fournisseurs critiques subit une faille, l’impact se multiplie sur l’ensemble de la clientèle. NIS 2 répond à cette vulnérabilité systémique en imposant la cartographie des dépendances, l’évaluation des contrôles de sécurité avant la signature des contrats et la surveillance continue des performances fournisseurs tout au long de la relation.

La difficulté opérationnelle réside dans la capacité à superviser à grande échelle des portefeuilles fournisseurs pouvant compter des centaines de tiers. Les grandes banques suisses collaborent avec des éditeurs de logiciels, des prestataires d’infrastructures, des consultants, des centres de services externalisés et des fintechs spécialisées. Les exigences de cartographie de la supply chain de NIS 2 obligent à inventorier ces relations, classer les fournisseurs selon leur criticité et allouer les ressources de supervision de façon proportionnelle. Les fournisseurs à haut risque, manipulant des données sensibles ou soutenant des processus critiques, font l’objet d’une vigilance renforcée incluant des audits sur site et des obligations contractuelles de sécurité. Les fournisseurs à moindre risque bénéficient d’une diligence adaptée à leur niveau d’accès et d’impact.

Opérationnaliser l’évaluation des risques fournisseurs et la surveillance continue

NIS 2 exige des organisations qu’elles comprennent non seulement leurs relations directes avec les tiers, mais aussi les sous-traitants et prestataires sur lesquels s’appuient ces fournisseurs. Cette exposition transitive crée des angles morts lorsque les banques manquent de visibilité sur la supply chain de leurs partenaires. Une banque suisse peut auditer en détail la sécurité d’un fournisseur cloud, mais la dépendance de ce dernier à un sous-traitant pour l’exploitation du data center introduit un risque non évalué par la banque.

La gestion des risques liés à la supply chain commence par l’inventaire de tous les fournisseurs ayant accès à des données sensibles, soutenant des processus critiques ou intégrés aux systèmes bancaires centraux. Les banques classent les fournisseurs selon leur criticité, en tenant compte de la sensibilité des données, de l’impact sur la continuité de service en cas de défaillance et de l’accès aux environnements de production. Les fournisseurs critiques font l’objet d’une diligence renforcée, incluant des demandes d’informations sur leurs propres dépendances tierces.

Les évaluations statiques des fournisseurs, réalisées lors de la négociation contractuelle, offrent une photographie de la posture de sécurité qui devient vite obsolète à mesure que l’environnement évolue. L’exigence de surveillance continue de NIS 2 impose de monitorer dynamiquement le risque fournisseur via des contrôles automatisés détectant les changements de posture et les vulnérabilités émergentes. La surveillance continue intègre les plateformes de gestion des risques fournisseurs à des flux de renseignements sur les menaces, des services de notation de sécurité et des workflows automatisés de questionnaires qui actualisent les évaluations à intervalles définis.

L’automatisation permet de superviser de vastes portefeuilles en priorisant les revues selon les signaux de risque. Les services de notation de sécurité agrègent des indicateurs publics tels que les identifiants exposés, ports ouverts et historiques de failles pour produire un score de risque par fournisseur. Les banques fixent des seuils d’alerte déclenchant une revue si le score d’un fournisseur chute significativement. L’intégration aux systèmes de gestion des contrats garantit l’exercice des droits d’audit avant expiration et la pérennité des obligations de sécurité tout au long de la relation contractuelle.

Définir et faire respecter les exigences contractuelles de sécurité

NIS 2 impose aux organisations de fixer des obligations contractuelles de sécurité aux fournisseurs, proportionnées aux risques introduits. Pour les banques suisses, cela se traduit par des accords de niveau de service précisant les contrôles de sécurité, les délais de notification d’incident, les droits d’audit et les cadres de responsabilité en cas de faille d’origine fournisseur. Les contrats doivent exiger la mise en œuvre des meilleures pratiques de chiffrement pour les données en transit et au repos, le maintien de contrôles d’accès selon le principe du moindre privilège, la réalisation d’audits de vulnérabilité réguliers et la notification des incidents dans des délais définis.

Le contrôle effectif passe par la validation de la conformité des fournisseurs, et non la simple acceptation des clauses contractuelles. Les évaluations précontractuelles vérifient que les fournisseurs disposent de programmes de sécurité alignés sur des standards reconnus comme ISO 27001, SOC2 ou NIST CSF. Les banques exigent des preuves telles que des rapports d’audit récents, résultats de tests d’intrusion et plans de réponse aux incidents. Pendant l’exécution du contrat, elles monitorent la performance via des questionnaires de sécurité, des audits périodiques et l’intégration à des plateformes de gestion des risques fournisseurs automatisant la validation des contrôles.

La traçabilité devient essentielle en cas d’incident. Les banques suisses doivent prouver qu’elles ont mené une diligence raisonnable avant d’engager un fournisseur, surveillé sa posture de sécurité tout au long de la relation et pris des mesures correctives en cas de lacune. Les dispositions de responsabilité managériale de NIS 2 rendent les dirigeants personnellement responsables en cas de défaillance de supervision. La gestion des risques tiers passe ainsi d’une fonction de conformité à un enjeu de gouvernance au niveau du conseil, nécessitant des décisions documentées et une intégration aux cadres de gestion des risques d’entreprise.

Détection des incidents et notification dans les écosystèmes fournisseurs

NIS 2 impose aux entités concernées de notifier les autorités compétentes dans les 24 heures suivant la détection d’un incident de cybersécurité significatif. Pour les banques suisses gérant des écosystèmes fournisseurs complexes, le défi de détection s’intensifie car les incidents peuvent survenir chez les fournisseurs et se manifester par une dégradation de service ou une exposition de données dans les systèmes bancaires. La supervision traditionnelle se concentre sur l’infrastructure contrôlée par la banque, créant des angles morts lorsque les fournisseurs subissent des failles exposant des données bancaires ou perturbant des services critiques.

Une détection efficace des incidents étend la collecte de télémétrie de sécurité au-delà du périmètre bancaire pour intégrer les événements d’origine fournisseur. Les banques négocient des clauses contractuelles imposant le partage de journaux de sécurité, notifications d’incident et renseignements sur les menaces dans des délais définis. Les grands fournisseurs proposent un accès API aux systèmes SIEM, permettant aux banques d’ingérer les logs fournisseurs dans des centres de sécurité centralisés. Les petits fournisseurs s’engagent à notifier par e-mail dans les heures suivant la détection d’incidents susceptibles d’affecter les données ou services bancaires.

La corrélation automatisée réduit le délai de détection. Les plateformes SOAR ingèrent les flux d’incidents fournisseurs en parallèle des alertes internes issues des outils de détection endpoint, de monitoring réseau et de sécurité cloud. Les règles de corrélation identifient les schémas révélateurs d’incidents d’origine fournisseur, tels que des échecs d’authentification depuis des adresses IP fournisseurs ou des interruptions de service coïncidant avec des maintenances fournisseurs. Lorsqu’une corrélation révèle l’implication d’un fournisseur, les playbooks orientent l’incident vers les équipes de gestion des risques fournisseurs, qui contactent le partenaire, valident l’étendue de l’impact et escaladent vers la réponse aux incidents si une exposition de données clients ou un risque de continuité de service est avéré.

Le délai de notification réduit de NIS 2 exige des banques qu’elles reçoivent les informations d’incident des fournisseurs plus rapidement que les clauses contractuelles traditionnelles ne le prévoyaient. Les banques suisses qui mettent à jour leurs contrats pour s’aligner sur NIS 2 négocient des délais de notification comptés en heures plutôt qu’en jours. Les fournisseurs critiques manipulant des données sensibles ou traitant des paiements en temps réel s’engagent à notifier la banque dans les quatre heures suivant la détection d’un incident susceptible d’exposer des données ou de dégrader les services. Les fournisseurs moins critiques acceptent un délai de 24 heures, conforme à la réglementation NIS 2.

Sécuriser les données sensibles partagées avec les fournisseurs tiers

Les banques suisses partagent des informations sensibles sur les clients, des données transactionnelles et des algorithmes propriétaires avec des fournisseurs qui en ont besoin pour assurer leurs prestations. Chaque partage introduit un risque de mauvaise gestion, de faille exposant les données bancaires ou de conservation excessive des informations.

Les principes de sécurité dès la conception de NIS 2 imposent de limiter le partage de données et de protéger l’information tout au long de son cycle de vie. Les banques réalisent des évaluations de minimisation des données avant tout partage, identifiant le strict nécessaire pour que le fournisseur exécute sa prestation. Les prestataires de paiement reçoivent les montants et identifiants de compte, mais pas les noms ou coordonnées clients sauf nécessité de routage. Les fournisseurs cloud reçoivent des conteneurs applicatifs chiffrés, mais pas les clés de déchiffrement.

La protection va au-delà du chiffrement et englobe les contrôles d’accès, politiques de rétention et vérification de suppression. Les banques imposent contractuellement la suppression ou la restitution des données à la fin du contrat, puis valident la suppression via des attestations ou des vérifications sur site. Les contrats interdisent aux fournisseurs d’utiliser les données bancaires pour entraîner des modèles d’IA, développer des produits concurrents ou remplir des obligations envers d’autres clients. Les banques auditent la conformité via des revues périodiques demandant des preuves de gestion des données et vérifient le cloisonnement des environnements pour éviter toute contamination croisée.

Les banques suisses peuvent cartographier les fournisseurs, documenter les évaluations de risques et négocier des contrats robustes, mais ces mesures de gouvernance ne préviennent pas activement les fuites si les fournisseurs gèrent mal les données. La protection active exige de garder le contrôle sur les données sensibles même après leur partage. Ce contrôle s’exerce via des mécanismes techniques validant l’identité du fournisseur avant tout accès, restreignant les usages possibles une fois l’accès accordé et révoquant instantanément les droits en cas de fin de contrat ou de dégradation de la posture de sécurité du fournisseur.

Comment le Réseau de données privé Kiteworks impose le contrôle des données fournisseurs

Le Réseau de données privé Kiteworks offre aux banques suisses une plateforme unifiée pour partager des données sensibles avec les fournisseurs tout en gardant un contrôle et une visibilité continus. Plutôt que d’envoyer des fichiers par e-mail, de déposer des documents sur des portails fournisseurs ou d’accorder un accès direct aux systèmes bancaires, les banques utilisent Kiteworks pour créer des canaux sécurisés où les fournisseurs accèdent uniquement aux informations nécessaires via des connexions limitées dans le temps et régies par des politiques.

Kiteworks applique les principes du zéro trust en validant en continu l’identité du fournisseur à chaque session. Les fournisseurs s’authentifient via des mécanismes MFA intégrés aux fournisseurs d’identité de la banque. Des politiques d’accès adaptatives évaluent les signaux de risque (état du terminal, localisation réseau, anomalies comportementales) pour accorder ou refuser l’accès dynamiquement. Les banques définissent des politiques restreignant l’accès fournisseur à certains dossiers, formats de fichiers ou plages horaires, selon les termes contractuels. À la fin du contrat, les administrateurs révoquent instantanément tous les accès.

Les contrôles contextuels inspectent les données avant l’accès fournisseur, appliquant des politiques DLP qui bloquent les transferts non autorisés et masquent automatiquement les champs sensibles. Les banques définissent des politiques permettant aux fournisseurs de consulter des synthèses de transactions, mais bloquant le téléchargement des enregistrements complets contenant des identifiants clients. Le filigranage intègre des identifiants uniques dans les documents consultés, permettant de remonter à la source en cas de fuite. Les journaux d’audit infalsifiables capturent chaque action fournisseur (tentatives de connexion, consultation, téléchargement, partage avec des tiers), fournissant la preuve exigée par NIS 2 pour démontrer la surveillance continue.

L’intégration aux outils de sécurité (SIEM, SOAR, ITSM) ancre Kiteworks dans les workflows de sécurité globaux. Les règles de détection d’anomalies alertent les équipes sécurité en cas d’accès inhabituel, de tentative de téléchargement de contenu restreint ou de connexion depuis des emplacements inattendus. Les workflows automatisés suspendent les comptes fournisseurs suspects et déclenchent la réponse aux incidents si des violations de politique signalent un compromis.

Renforcer la résilience opérationnelle et l’alignement FINMA

Les exigences de gestion des risques tiers de NIS 2 sont étroitement alignées sur le cadre de résilience opérationnelle de la FINMA, qui impose aux banques suisses d’assurer la continuité des processus critiques malgré les perturbations, y compris les défaillances fournisseurs. La résilience opérationnelle va au-delà de la réponse aux incidents et inclut l’identification proactive des dépendances, le développement de solutions de repli en cas d’indisponibilité fournisseur et la reprise rapide pour limiter l’impact client.

La planification de la continuité identifie des fournisseurs alternatifs ou des capacités internes pouvant remplacer les tiers critiques en cas de défaillance. Les banques négocient des clauses de portabilité des données permettant une migration rapide vers un autre fournisseur sans coopération du fournisseur sortant. Elles conservent des copies des données et configurations applicatives dans des formats neutres, exploitables par des prestataires alternatifs. Elles documentent des procédures précises pour activer les fournisseurs de secours et migrer les services.

Les tests valident la faisabilité des plans de secours au fil de l’évolution des technologies et des relations fournisseurs. Les banques organisent des exercices de simulation d’incident (tabletop) pour identifier les failles des procédures de réponse. Elles réalisent des tests techniques de bascule, activent les fournisseurs de secours, vérifient la synchronisation des données et mesurent les délais de reprise. Elles documentent les enseignements tirés et reportent les résultats à la direction et au conseil d’administration pour prouver que les programmes de résilience opérationnelle couvrent efficacement les risques tiers.

La Circulaire FINMA 2023/1 exige l’identification des processus critiques, l’évaluation des dépendances susceptibles de les perturber et la mise en œuvre de contrôles garantissant la continuité malgré les incidents. Les exigences de gestion des risques tiers de NIS 2 opérationnalisent ces attentes en précisant comment évaluer les dépendances fournisseurs, quelles clauses négocier et comment monitorer en continu la performance des partenaires. Les banques suisses peuvent considérer NIS 2 comme un guide d’implémentation détaillé des principes de résilience opérationnelle FINMA.

Atteindre la conformité audit grâce à des preuves infalsifiables

Les dispositions de responsabilité managériale de NIS 2 et les attentes de supervision de la FINMA imposent aux banques suisses de démontrer une gestion systématique, et non réactive, des risques tiers. Les contrôles réglementaires vérifient l’existence d’inventaires fournisseurs complets, de diligences fondées sur le risque, de surveillance continue de la performance et de décisions documentées à chaque niveau de gouvernance. La préparation à l’audit dépend de la collecte de preuves infalsifiables de ces actions, consultables par les examinateurs pour valider la conformité.

Les exigences documentaires couvrent tout le cycle fournisseur, de l’évaluation initiale des risques à la négociation contractuelle, la surveillance continue, la réponse aux incidents et la fin de contrat. Les banques conservent la trace de la classification des fournisseurs par risque, des diligences menées avant signature, des obligations de sécurité négociées et du suivi de la conformité tout au long de la relation. En cas d’incident, elles documentent les délais de notification, les évaluations d’impact et les actions correctives.

Les traces d’audit infalsifiables empêchent toute modification a posteriori des enregistrements pour masquer des lacunes découvertes lors des contrôles. Les solutions de journalisation blockchain, de stockage en écriture seule et de signatures cryptographiques apportent des garanties techniques contre la falsification. Les plateformes centralisées de gestion des accès fournisseurs génèrent automatiquement des logs détaillés de chaque interaction, sans documentation manuelle. Ces journaux prouvent aux examinateurs que la banque a gardé la visibilité sur les activités fournisseurs, appliqué les contrôles d’accès de façon cohérente et réagi de manière appropriée en cas de violation de politique ou d’incident de sécurité.

Les banques suisses sont soumises à de multiples cadres de conformité : réglementation FINMA, loi suisse sur la protection des données, recommandations du Comité de Bâle, normes sectorielles comme ISO 27001 ou le NIST Cybersecurity Framework. Plutôt que de traiter NIS 2 comme un programme distinct, elles cartographient ses exigences avec les contrôles déjà en place, identifient les écarts là où NIS 2 va plus loin et priorisent les remédiations selon le risque et les attentes réglementaires.

Les exercices de cartographie des contrôles identifient ceux qui répondent déjà à NIS 2 et les lacunes nécessitant de nouvelles capacités. Les banques comparent les exigences de gestion des risques supply chain de NIS 2 aux recommandations du Comité de Bâle sur l’externalisation. Elles comparent les principes de sécurité dès la conception de NIS 2 aux directives FINMA sur les risques technologiques. Elles documentent ces cartographies dans des matrices de conformité servant de preuve lors des audits et guidant les investissements lorsque plusieurs cadres imposent des contrôles similaires qu’une même solution technique peut couvrir.

Transformer la gestion proactive des risques en avantage concurrentiel

Les banques suisses qui voient NIS 2 comme une contrainte de conformité passent à côté de sa valeur stratégique. Les institutions financières se font concurrence sur la confiance. Les clients choisissent leur banque en étant convaincus que leurs actifs et informations resteront protégés malgré la sophistication des cybermenaces et la complexité des dépendances technologiques. Démontrer une gestion robuste des risques tiers différencie les banques sur des marchés où les clients évaluent de plus en plus la maturité cybersécurité avant de confier des mandats, déposer des fonds ou réaliser des opérations.

L’alignement proactif sur les principes NIS 2 positionne favorablement les banques suisses lors de négociations avec des contreparties européennes. Les banques correspondantes, dépositaires et réseaux de paiement exigent de leurs partenaires des standards de sécurité équivalents. Les banques suisses qui documentent des programmes de gestion des risques fournisseurs, conservent des traces d’audit infalsifiables et imposent des obligations contractuelles de sécurité accélèrent les négociations, réduisent la friction due à la diligence et signalent à leurs partenaires une gestion systématique des risques opérationnels.

La communication client transforme la gestion des risques tiers d’une fonction défensive de conformité en un facteur de différenciation. Les banques expliquent comment elles protègent les données clients lors des collaborations fournisseurs, quels contrôles elles appliquent pour prévenir les attaques sur la supply chain et comment elles réagissent en cas d’incident fournisseur. Elles fournissent des rapports de transparence documentant les activités de gestion des risques et des indicateurs de sécurité démontrant une amélioration continue. Cette transparence renforce la confiance des clients dans la capacité de la banque à prendre la cybersécurité au sérieux et à gérer les risques tiers aussi rigoureusement que les risques de crédit ou de marché.

Conclusion

Les banques suisses opérant dans l’UE ou servant des clients européens ne peuvent ignorer les exigences de gestion des risques tiers de NIS 2. L’effet extraterritorial de la directive via les cascades contractuelles et les conditions d’accès au marché rend la conformité stratégiquement avantageuse, même sans supervision directe des autorités européennes. Les banques qui cartographient les dépendances fournisseurs, imposent des obligations contractuelles de sécurité, monitorent en continu la performance des partenaires et conservent des traces d’audit infalsifiables se positionnent pour répondre aux attentes de résilience opérationnelle de la FINMA et aux exigences d’alignement NIS 2 des contreparties européennes.

Kiteworks renforce la posture de gestion des risques tiers des banques en centralisant le partage de données sensibles dans un environnement d’appliance virtuelle durcie où la banque garde le contrôle total. Plutôt que de copier les données dans les systèmes fournisseurs où la visibilité s’arrête, les banques partagent l’information via les canaux Kiteworks qui imposent un accès zéro trust, inspectent le contenu pour détecter les violations de politique, capturent des preuves d’audit infalsifiables et s’intègrent aux workflows de sécurité globaux. Cette architecture réduit la surface d’attaque introduite par les fournisseurs tout en fournissant la documentation de conformité exigée par NIS 2 et la FINMA.

Les contrôles contextuels du Réseau de données privé appliquent la minimisation des données en limitant l’accès fournisseur à certains dossiers, formats de fichiers et plages horaires selon les clauses contractuelles. L’intégration aux fournisseurs d’identité valide l’identité du fournisseur à chaque session. Le reporting automatisé de conformité cartographie les activités fournisseurs aux exigences réglementaires de plusieurs cadres simultanément. En cas d’incident ou de violation de politique, Kiteworks alerte immédiatement les équipes sécurité, suspend automatiquement l’accès et fournit les preuves nécessaires à l’investigation et à la remédiation.

Les banques suisses qui mettent en œuvre les principes NIS 2 via Kiteworks obtiennent des résultats mesurables : réduction de la surface d’attaque fournisseur, délais de détection et de réponse aux incidents raccourcis, préparation à l’audit grâce à des traces infalsifiables et efficacité opérationnelle via l’automatisation de la supervision sur de vastes portefeuilles fournisseurs. Ces atouts se traduisent directement par une réduction du risque réglementaire, un positionnement concurrentiel renforcé et la préservation de la confiance client malgré la montée des menaces sur la supply chain financière.

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Foire aux questions

NIS 2 ne régule pas directement les banques suisses hors juridiction UE, mais son impact se fait sentir via les filiales européennes, les services transfrontaliers et les exigences contractuelles des contreparties de l’UE. Les banques suisses qui servent des clients européens ou collaborent avec des fournisseurs réglementés dans l’UE subissent une pression de conformité indirecte. Un alignement proactif avec les principes d’audit et de gestion des risques tiers de NIS2 répond aux attentes de résilience opérationnelle de la FINMA tout en renforçant l’accès au marché et la position concurrentielle sur les marchés financiers européens.

NIS 2 introduit des délais de notification d’incident spécifiques de 24 heures, des exigences explicites de cartographie de la supply chain incluant l’évaluation des sous-traitants, et une responsabilité managériale personnelle pour la supervision des risques tiers. La Circulaire FINMA 2023/1 traite la résilience opérationnelle de façon globale, mais donne des orientations moins prescriptives sur les contrôles de sécurité fournisseurs, les délais de notification et la visibilité sur la supply chain. Les banques suisses qui s’alignent sur NIS2 via une analyse des écarts renforcent leur conformité FINMA tout en dépassant les attentes minimales.

Les banques déploient des plateformes de gestion des risques fournisseurs qui automatisent la validation des contrôles, intègrent des services de notation de sécurité assurant un scoring continu du risque et configurent des workflows automatisés de questionnaires adaptés à la criticité du fournisseur. Les fournisseurs à haut risque manipulant des données sensibles font l’objet d’une supervision renforcée, incluant des audits sur site. Les fournisseurs à moindre risque bénéficient d’une diligence de base. Des plateformes centralisées comme Kiteworks imposent des contrôles d’accès cohérents et une journalisation d’audit, quel que soit le nombre de fournisseurs, réduisant la charge de supervision manuelle.

Les contrats doivent spécifier des obligations de contrôle de sécurité alignées sur ISO 27001 ou des standards équivalents, des délais de notification d’incident de quatre à 24 heures selon la criticité du fournisseur, des droits d’audit permettant de valider la conformité fournisseur, des clauses de portabilité des données pour faciliter la migration rapide en cas de défaillance et des cadres de responsabilité tenant les fournisseurs financièrement responsables en cas de faille. Les banques doivent exiger la divulgation des sous-traitants et la participation à des évaluations de sécurité périodiques tout au long du contrat.

Kiteworks centralise le partage de données fournisseurs dans une plateforme durcie imposant un accès zéro trust, des politiques contextuelles et une journalisation d’audit infalsifiable. Les banques gardent le contrôle continu sur les informations sensibles partagées avec les fournisseurs grâce à des accès limités dans le temps, une prévention automatisée des pertes de données et une révocation instantanée à la fin du contrat. L’intégration avec les outils SIEM, SOAR et ITSM ancre la gestion des risques fournisseurs dans les workflows de sécurité globaux. Le reporting automatisé de conformité prouve l’alignement NIS 2 et FINMA avec des preuves vérifiables par les examinateurs.

Résumé de l’Essentiel

  1. Impact extraterritorial de NIS 2. Même si les banques suisses sont hors juridiction UE, NIS 2 les concerne via les services transfrontaliers, les filiales européennes et les obligations contractuelles avec des fournisseurs réglementés dans l’UE, rendant la conformité stratégiquement essentielle.
  2. Supervision des risques tiers. NIS 2 impose la surveillance continue des risques de cybersécurité liés aux tiers, exigeant des banques suisses de cartographier les dépendances fournisseurs et d’imposer des contrôles de sécurité sur toute la supply chain.
  3. Responsabilité managériale. La directive rend les dirigeants bancaires personnellement responsables des défaillances de gestion des risques tiers, nécessitant des décisions de risque documentées et des traces d’audit pour s’aligner sur les recommandations FINMA en matière de résilience opérationnelle.
  4. Délais de notification d’incident. NIS 2 impose un reporting des incidents sous 24 heures, incitant les banques suisses à mettre en place des mécanismes d’alerte et de corrélation automatisés pour détecter et traiter rapidement les incidents d’origine fournisseur.

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