Comment élaborer une analyse d’impact sur les transferts conforme aux exigences des autorités de protection des données après l’arrêt Schrems II
Les délégués à la protection des données qui réalisent des analyses d’impact sur les transferts se heurtent à l’incertitude quant aux attentes des autorités de contrôle européennes, tout en devant évaluer la complexité des lois des pays tiers, les capacités de surveillance gouvernementale et la pertinence des mesures complémentaires. Les recommandations de l’EDPB imposent une méthodologie d’évaluation systématique visant à déterminer si les cadres juridiques des pays tiers compromettent l’efficacité des clauses contractuelles types, tout en mettant en œuvre des mesures techniques—en particulier le chiffrement géré par le client—pour garantir une protection adéquate.
En 2023–2024, les autorités européennes de protection des données ont prononcé 127 mesures correctives liées aux transferts internationaux, l’insuffisance des analyses d’impact sur les transferts (TIA) étant la principale infraction. Les organisations qui réussissent conjuguent une évaluation rigoureuse des risques à la mise en place de la souveraineté technique—celles qui échouent s’exposent à un risque croissant de sanctions.
Cet article détaille la méthodologie TIA en six étapes qui répond aux exigences des autorités de contrôle, explique comment choisir et justifier les mesures complémentaires, et montre en quoi le chiffrement géré par le client constitue la preuve technique la plus claire d’une protection adéquate.
Résumé exécutif
Idée principale : Les délégués à la protection des données élaborent des analyses d’impact sur les transferts conformes aux attentes des autorités de contrôle européennes en six étapes : (1) identification des transferts et des catégories de données, (2) évaluation des lois applicables dans les pays tiers, (3) analyse des risques d’accès gouvernemental, (4) détermination des mesures complémentaires nécessaires, (5) mise en œuvre du chiffrement géré par le client, et (6) documentation des conclusions avec des preuves attestant d’une protection adéquate.
Pourquoi c’est important : Les autorités européennes ont prononcé 127 mesures correctives pour non-conformité des transferts en 2023–2024. Les recommandations du BfDI allemand insistent sur l’importance des contrôles techniques—en particulier le chiffrement sous le contrôle de l’exportateur de données—comme preuve la plus solide d’adéquation. Les organisations qui appliquent une méthodologie TIA structurée et le chiffrement géré par le client constatent une réduction de 60 % des constats lors des contrôles des autorités.
5 points clés à retenir
- Les recommandations 01/2020 de l’EDPB imposent une méthodologie TIA systématique évaluant les lois des pays tiers, les risques d’accès gouvernemental et les mesures complémentaires. Les délégués à la protection des données doivent documenter le processus d’évaluation et les mesures mises en œuvre comme preuve lors des contrôles. Une approche systématique réduit la complexité tout en assurant une évaluation approfondie des risques.
- L’évaluation des lois des pays tiers doit porter sur la surveillance gouvernementale, les autorités d’accès aux données, le contrôle judiciaire et les critères de proportionnalité. Les points clés incluent la FISA 702 américaine, l’Investigatory Powers Act britannique, les pouvoirs d’accès des forces de l’ordre et les lois extraterritoriales comme le CLOUD Act. L’évaluation doit déterminer si ces lois permettent un accès dépassant les standards nécessaires et proportionnés de l’UE.
- Les mesures techniques offrent la meilleure protection contre l’accès gouvernemental—les mesures contractuelles seules sont insuffisantes. Les recommandations de l’EDPB identifient explicitement le chiffrement sous contrôle de l’exportateur comme efficace face aux demandes gouvernementales. Les clauses contractuelles ne peuvent empêcher une divulgation imposée par la loi.
- Le chiffrement géré par le client simplifie la documentation TIA en fournissant une preuve technique claire d’une protection adéquate. Lorsque le chiffrement rend les données inintelligibles pour les importateurs et autorités des pays tiers, l’évaluation démontre l’adéquation via l’architecture technique plutôt que par une justification juridique complexe.
- La documentation doit couvrir la méthodologie, l’analyse des lois des pays tiers, les conclusions sur les risques, la justification des mesures et les preuves de mise en œuvre. Les autorités examinent si les organisations ont mené des évaluations approfondies et mis en place des mesures efficaces. Une architecture technique démontrant le chiffrement géré par le client fournit une preuve plus claire qu’un cadre contractuel nécessitant une interprétation juridique.
Étape 1 : Identifier les transferts internationaux de données et les catégories de données
Les analyses d’impact sur les transferts commencent par l’identification de tous les flux internationaux de données personnelles et leur catégorisation selon la sensibilité, la finalité du transfert et la destination dans le pays tiers. Cette étape fondamentale garantit une évaluation approfondie des risques et évite que des transferts non identifiés ne créent des failles de conformité.
Cartographier chaque flux de transfert évite les failles coûteuses de conformité
Les exercices de cartographie des données permettent d’identifier les transferts opérés via des services cloud, des prestataires internationaux, des sociétés du groupe, des sous-traitants ou des opérations couvrant plusieurs juridictions. Les organisations documentent les flux en précisant l’origine des données, les finalités du traitement, la localisation des destinataires et les catégories de données transférées. Une cartographie complète révèle des transferts parfois peu visibles—sauvegardes vers des centres de données internationaux, accès support technique à distance ou traitements analytiques dans des pays tiers.
La classification des catégories de données détermine le niveau d’évaluation requis
La classification distingue les données sensibles (informations médicales, biométriques, génétiques), les informations financières, les données d’enfants et les données personnelles générales. L’article 9 du RGPD impose une protection renforcée pour les données sensibles, entraînant des exigences de transfert plus strictes. Les données financières, les dossiers administratifs et la propriété intellectuelle contenant des données personnelles nécessitent une évaluation attentive compte tenu de leur sensibilité et du risque en cas d’accès non autorisé.
L’analyse du volume et de la fréquence des transferts permet de distinguer les transferts réguliers des transferts occasionnels, les flux systématiques des flux ponctuels, ainsi que l’ampleur du traitement. Les transferts systématiques à grande échelle exigent des évaluations détaillées, tandis que des transferts occasionnels et limités peuvent justifier une évaluation simplifiée. Toutefois, la sensibilité prime sur le volume—même un transfert ponctuel de données sensibles requiert une évaluation approfondie.
Cette phase d’identification constitue l’inventaire des transferts, base d’une approche TIA systématique, permettant de prioriser les transferts à risque et de poser un socle pour le suivi continu lors de tout changement de transfert, de finalité ou de destination.
Liste de contrôle complète de la conformité RGPD
Pour en savoir plus :
Étape 2 : Évaluer le cadre juridique du pays tiers et les pouvoirs d’accès gouvernementaux
L’évaluation des lois des pays tiers vise à déterminer si le cadre juridique du pays de destination permet aux autorités gouvernementales d’accéder aux données personnelles transférées au-delà des standards nécessaires et proportionnés au regard des exigences européennes. Cette analyse constitue le cœur de la TIA et détermine la nécessité de mesures complémentaires.
Les lois sur le renseignement et la surveillance représentent les risques de transfert les plus élevés
L’analyse des lois sur le renseignement et la surveillance examine les pouvoirs des autorités permettant l’accès aux données à des fins de sécurité nationale. Les points d’attention incluent la FISA 702 américaine, qui autorise la surveillance des personnes non américaines, l’Investigatory Powers Act britannique permettant la collecte massive de données, ainsi que des dispositifs similaires dans d’autres juridictions. L’évaluation vérifie la présence d’un contrôle judiciaire indépendant, de critères de proportionnalité, de principes de nécessité et de mécanismes de recours comparables aux standards européens.
Les pouvoirs d’accès des forces de l’ordre et l’extraterritorialité nécessitent une analyse distincte
L’évaluation des pouvoirs d’accès des forces de l’ordre analyse si la police, les procureurs ou les agences gouvernementales peuvent exiger la divulgation de données via une procédure légale. L’examen porte sur les exigences d’autorisation judiciaire, les limitations de périmètre, les obligations d’information et les mécanismes de contrôle. Des pouvoirs étendus sans critères de proportionnalité ni contrôle judiciaire signalent des risques accrus nécessitant des mesures complémentaires.
L’analyse du CLOUD Act et des lois extraterritoriales vise à déterminer si les lois du pays tiers permettent au gouvernement d’exiger la communication de données, quel que soit leur lieu de stockage. Le CLOUD Act américain est particulièrement préoccupant, car il autorise le gouvernement à exiger des données d’entreprises américaines même stockées dans l’UE, contournant potentiellement les protections du RGPD. D’autres lois extraterritoriales similaires doivent également être évaluées.
Un contrôle judiciaire faible et des recours limités révèlent une protection insuffisante dans le pays tiers
L’évaluation du contrôle judiciaire et des mécanismes de recours examine si des juridictions indépendantes contrôlent les demandes d’accès, si des critères de proportionnalité s’appliquent et si les personnes concernées peuvent contester un accès non autorisé. Un contrôle judiciaire faible ou inexistant indique des risques élevés. Des recours limités pour les non-citoyens révèlent des protections insuffisantes par rapport aux standards européens exigeant le respect des droits individuels.
Cette évaluation permet de conclure si le cadre juridique du pays tiers crée des risques nécessitant des mesures complémentaires. La documentation doit inclure les références légales précises, la description des autorités gouvernementales et une analyse comparative avec les standards européens.
Étape 3 : Évaluer les risques pratiques d’accès gouvernemental
Au-delà de l’analyse théorique du cadre légal, la TIA doit évaluer les risques concrets d’accès par les autorités gouvernementales en fonction des caractéristiques du transfert, du profil de l’importateur et des pratiques d’application. Cette évaluation pragmatique oriente le choix des mesures complémentaires.
Le profil de l’importateur influe directement sur la probabilité d’accès gouvernemental
L’évaluation du profil de risque de l’importateur analyse si l’entité destinataire est concernée par la surveillance gouvernementale. Les entreprises technologiques américaines soumises à la FISA 702, les opérateurs télécoms soumis à l’interception légale ou les entités titulaires de contrats gouvernementaux présentent des risques accrus. Les organisations opérant dans des secteurs sensibles—défense, renseignement, infrastructures critiques—font l’objet de demandes gouvernementales plus fréquentes que les entreprises commerciales classiques.
Certaines catégories de données attirent une attention gouvernementale disproportionnée
L’évaluation de la sensibilité des données transférées détermine si les informations présentent un intérêt particulier pour les autorités. Les données personnelles de responsables gouvernementaux, de détenteurs d’habilitations de sécurité ou de personnes occupant des postes sensibles augmentent le risque de surveillance. Les métadonnées de communication, données de localisation et réseaux sociaux intéressent les services de renseignement. Les données de transactions financières attirent l’attention des forces de l’ordre et des autorités fiscales.
Le contexte géopolitique et les pratiques historiques d’application complètent l’analyse des risques
L’analyse du contexte géopolitique prend en compte les relations bilatérales, les tensions diplomatiques et les enjeux de sécurité nationale qui influent sur la probabilité d’accès gouvernemental. Les transferts vers des pays en conflit avec le pays d’origine des personnes concernées, sous sanctions internationales ou réputés pour leur surveillance agressive, nécessitent une évaluation approfondie.
L’examen des pratiques historiques analyse la fréquence des demandes d’accès, l’efficacité du contrôle judiciaire et l’existence d’antécédents de surveillance. Les pays ayant un historique documenté de surveillance, une fréquence élevée de demandes de sécurité nationale ou un contrôle judiciaire faible présentent des risques pratiques plus élevés que les juridictions dotées de fortes protections de la vie privée et de pratiques d’accès limitées.
Cette évaluation pratique complète l’analyse juridique et permet d’aboutir à des conclusions fondées sur des preuves quant à la nécessité de mesures complémentaires et à leur adéquation face aux risques identifiés.
Étape 4 : Déterminer les mesures complémentaires nécessaires
Lorsque la TIA identifie des lois ou des risques pratiques dans le pays tiers créant des vulnérabilités, les organisations doivent mettre en place des mesures complémentaires pour garantir une protection adéquate. Le choix des mesures doit correspondre à l’efficacité attendue face aux risques identifiés, tout en justifiant leur pertinence pour répondre aux attentes des autorités de contrôle.
Les recommandations de l’EDPB placent les mesures techniques au-dessus des alternatives contractuelles et organisationnelles
Les recommandations 01/2020 de l’EDPB distinguent trois catégories de mesures complémentaires : les mesures techniques empêchant l’accès non autorisé, les mesures contractuelles créant des obligations entre les parties, et les mesures organisationnelles (règles et procédures internes). Toutefois, l’EDPB précise que les mesures techniques offrent la meilleure protection lorsque les lois du pays tiers permettent l’accès gouvernemental, car les clauses contractuelles ne peuvent empêcher une divulgation imposée par la loi et les mesures organisationnelles n’ont pas de portée contraignante face aux autorités.
Le chiffrement sous contrôle de l’exportateur européen est la mesure technique la plus efficace
L’évaluation des mesures techniques privilégie le chiffrement sous contrôle de l’exportateur comme principal mécanisme de gestion des risques d’accès gouvernemental. Lorsque les organisations européennes gardent le contrôle exclusif des clés de chiffrement grâce à des modules HSM déployés dans l’UE, les données transférées restent inintelligibles pour les importateurs et autorités des pays tiers. Cela empêche tout accès non autorisé, même en cas d’injonction gouvernementale, car les destinataires ne disposent que de données chiffrées sans possibilité de déchiffrement.
Pseudonymisation, fragmentation des données et mesures contractuelles sont insuffisantes face aux exigences gouvernementales
Les mesures techniques alternatives présentent une efficacité limitée. La pseudonymisation réduit le risque d’identification, mais les gouvernements disposant de capacités de ré-identification peuvent recouper les données pseudonymisées avec d’autres sources. La fragmentation des données entre plusieurs juridictions complique l’exploitation, mais des gouvernements déterminés et dotés d’accords de coopération internationale peuvent agréger les données dispersées.
Les mesures contractuelles complémentaires—obligations renforcées de transparence, notifications ou engagements de contestation—offrent une protection limitée contre l’accès gouvernemental. Les lois des pays tiers interdisent souvent ces notifications via des ordonnances de confidentialité ou supplantent les obligations contractuelles. Les autorités considèrent de plus en plus ces mesures comme insuffisantes lorsque des risques d’accès gouvernemental existent. Les mesures organisationnelles ne peuvent pas non plus empêcher un accès permis par la loi, même si elles complètent utilement les protections techniques.
Étape 5 : Mettre en œuvre le chiffrement géré par le client comme mesure technique complémentaire
Les organisations mettent en place le chiffrement géré par le client en tant que mesure technique complémentaire conforme aux recommandations de l’EDPB et répondant aux risques d’accès gouvernemental identifiés lors de la TIA. Cette architecture empêche tout accès non autorisé, quelle que soit la législation du pays tiers ou les demandes gouvernementales.
La génération de clés contrôlée dans l’UE est la base d’une protection efficace des transferts
L’architecture de mise en œuvre impose la génération des clés de chiffrement sous le contrôle exclusif de l’exportateur de données dans l’UE. Les clés sont générées dans des HSM situés dans des centres de données européens ou les locaux de l’exportateur, sans jamais transiter hors de l’UE ni être accessibles à des entités de pays tiers. L’exportateur contrôle tout le cycle de vie des clés—génération, stockage, rotation, suppression—sans intervention de l’importateur, garantissant leur maintien sous juridiction européenne.
Chiffrer les données avant leur sortie de l’UE rend l’accès par le pays tiers inopérant
Le chiffrement des données intervient avant tout transfert international, à l’aide de clés contrôlées par l’exportateur. Lorsque des données personnelles sont transférées vers des pays tiers—via des plateformes cloud, des sous-traitants internationaux ou des opérations transfrontalières—le chiffrement les rend inintelligibles avant leur sortie de l’UE. Les données chiffrées peuvent être hébergées sur des infrastructures de pays tiers, les destinataires n’ayant pas la capacité de les déchiffrer, ce qui satisfait aux exigences de transfert par une protection technique plutôt que par des restrictions territoriales.
Le contrôle des accès et la journalisation complètent le dispositif de protection
La mise en place de contrôles d’accès garantit que seules les personnes autorisées et correctement authentifiées peuvent demander le déchiffrement à des fins légitimes. Les contrôles d’accès appliquent le principe du moindre privilège, la journalisation trace toutes les demandes de déchiffrement et la surveillance détecte les accès anormaux révélant d’éventuelles tentatives non autorisées. Ce dispositif associe chiffrement et gouvernance des accès.
Pour la documentation TIA, le chiffrement géré par le client fournit une preuve technique claire répondant aux risques d’accès gouvernemental identifiés. Les conclusions peuvent indiquer : « Les lois du pays tiers permettent un accès gouvernemental dépassant les standards européens. Mesure complémentaire mise en œuvre : chiffrement géré par le client avec clés contrôlées par l’exportateur dans l’UE, empêchant l’accès en clair par les importateurs et autorités du pays tiers, garantissant ainsi une protection adéquate. » Cette justification directe répond aux attentes des autorités grâce à une mesure technique démontrable.
Étape 6 : Documenter les conclusions et preuves de l’analyse d’impact sur les transferts
La documentation de la TIA fournit les preuves attendues par les autorités de contrôle et soutient le suivi continu de la conformité et la réévaluation en cas de changement. Une documentation complète atteste d’une évaluation approfondie des risques et de la mise en œuvre effective des mesures complémentaires.
La transparence méthodologique démontre l’engagement de l’organisation en matière de conformité
La documentation de la méthodologie décrit l’approche systématique : processus d’identification des transferts, sources juridiques consultées, critères d’évaluation des risques et justification du choix des mesures complémentaires. Cette transparence permet aux autorités de vérifier la rigueur de l’évaluation, preuve d’un engagement réel en faveur de la conformité des transferts.
L’analyse des lois des pays tiers doit s’appuyer sur des sources officielles, non sur des suppositions
La documentation de l’analyse juridique inclut les références légales précises, la description des autorités gouvernementales, les mécanismes de contrôle judiciaire et une analyse comparative avec les standards européens. L’évaluation doit s’appuyer sur des sources officielles—sites gouvernementaux, bases de données juridiques, recommandations des autorités—et non sur des articles de presse ou des affirmations non vérifiées. Une analyse détaillée atteste d’une évaluation approfondie, et non de suppositions sur les protections du pays tiers.
Les conclusions de l’évaluation des risques documentent les vulnérabilités identifiées : programmes de surveillance, pouvoirs d’accès des forces de l’ordre, autorités extraterritoriales, contrôle judiciaire faible ou recours limités. Les conclusions doivent relier les lois spécifiques du pays tiers aux risques concrets pour les données transférées, justifiant ainsi la mise en place de mesures complémentaires.
La justification des mesures complémentaires doit relier les contrôles aux risques identifiés
La justification des mesures complémentaires explique pourquoi les mesures choisies répondent efficacement aux risques identifiés. Pour le chiffrement géré par le client, la justification précise : « Le chiffrement sous contrôle de l’exportateur empêche les importateurs et autorités du pays tiers d’accéder aux données en clair, même en cas d’injonction légale, car les destinataires ne disposent que de données chiffrées sans les clés de déchiffrement. Cette mesure technique traite les vulnérabilités d’accès gouvernemental identifiées tout en permettant le traitement légitime des données par les personnes autorisées. »
Les preuves de mise en œuvre incluent la documentation de l’architecture technique, les procédures de gestion des clés attestant du contrôle par l’exportateur européen, les journaux d’audit démontrant la gouvernance des accès et les revues périodiques confirmant l’efficacité continue. Ces preuves doivent permettre aux équipes d’audit des autorités de vérifier la mise en œuvre des mesures techniques, sans se limiter à des déclarations de politique interne.
Répondre aux attentes des autorités et aux constats fréquents
Les autorités européennes contrôlent la conformité des transferts via audits, enquêtes ou mesures correctives. Comprendre les constats fréquents permet aux organisations d’anticiper les attentes et de construire des TIA adaptées, réduisant ainsi les risques de non-conformité et de sanctions.
Une analyse superficielle des lois du pays tiers est le constat le plus fréquent
L’insuffisance de l’évaluation juridique constitue le constat le plus courant. Les organisations qui se contentent d’évaluations superficielles ou de déclarations génériques du type « la protection est adéquate » sans analyse détaillée reçoivent des mesures correctives imposant une réévaluation complète. Les autorités attendent des références juridiques précises, la description des autorités et une analyse comparative avec les standards européens, preuve d’une évaluation approfondie et non d’une simple supposition.
Des mesures contractuelles sans justification technique exposent à des sanctions
Une justification insuffisante des mesures complémentaires expose à des sanctions. Les organisations qui mettent en place des mesures contractuelles ou organisationnelles sans expliquer leur efficacité face aux risques identifiés s’exposent à des contestations. En présence de risques d’accès gouvernemental, les autorités attendent des mesures techniques comme le chiffrement géré par le client, qui traitent les vulnérabilités que les clauses contractuelles ne peuvent empêcher. La justification doit relier chaque mesure aux risques spécifiques pour démontrer la protection adéquate.
Une documentation TIA absente ou obsolète entraîne une présomption de non-conformité
Les organisations incapables de produire une TIA, une analyse juridique ou des preuves de mesures complémentaires sont présumées non conformes. Les autorités peuvent suspendre les transferts, imposer des mesures correctives ou infliger des sanctions financières. Une documentation complète permet de prouver la conformité de façon proactive, plutôt que de devoir réagir dans l’urgence lors d’un contrôle.
Des évaluations obsolètes entraînent des constats négatifs lorsque les organisations ne réévaluent pas après des modifications légales, une augmentation des volumes ou l’ajout de nouvelles catégories de données. Les autorités attendent des revues périodiques pour garantir l’actualité des évaluations, le chiffrement géré par le client réduisant la fréquence des réévaluations puisque l’architecture technique reste efficace malgré l’évolution du cadre légal.
Maintenance continue de la TIA et déclencheurs de réévaluation
Les analyses d’impact sur les transferts nécessitent une maintenance régulière pour garantir leur pertinence dans le temps. Les organisations mettent en place des processus de veille pour identifier les déclencheurs de réévaluation, tout en bénéficiant de la stabilité offerte par le chiffrement géré par le client, qui réduit la fréquence des réexamens grâce à une protection indépendante du cadre légal.
Les évolutions légales et les modifications du périmètre de transfert imposent une réévaluation immédiate
Tout changement de législation dans le pays tiers impose une réévaluation. Si le pays de destination modifie ses lois sur la surveillance, les pouvoirs d’accès ou les mécanismes de contrôle judiciaire, les organisations doivent vérifier l’impact de ces changements sur l’adéquation du transfert. Le chiffrement géré par le client allège cette charge, car la protection technique reste valable même en cas d’évolution légale—même si les pouvoirs de surveillance s’étendent, les données chiffrées demeurent inaccessibles sans les clés contrôlées dans l’UE.
Les modifications du périmètre de transfert imposent également une mise à jour de l’évaluation. L’ajout de catégories de données, l’augmentation des volumes ou l’ouverture vers de nouveaux pays de destination nécessitent une évaluation adaptée à la nouvelle situation. Une évaluation initiale complète facilite le suivi des évolutions sans repartir de zéro.
Les mises à jour des recommandations et les revues périodiques garantissent l’actualité des évaluations
Les évolutions des recommandations des autorités imposent une réévaluation. Lorsqu’une autorité publie de nouvelles orientations, priorités ou interprétations, les organisations doivent vérifier l’alignement de leur TIA avec les attentes actuelles. L’évolution des recommandations de l’EDPB ou des positions nationales peut nécessiter un ajustement méthodologique ou le renforcement des mesures complémentaires.
Des revues périodiques annuelles ou bisannuelles garantissent l’actualité de la TIA même en l’absence de déclencheur spécifique. Les organisations doivent instaurer des revues régulières pour vérifier la pertinence des mesures, l’efficacité des protections et l’absence de changements majeurs impactant les conclusions. Ces revues démontrent l’engagement continu en matière de conformité lors d’un éventuel contrôle.
Comment Kiteworks contribue à la conformité des TIA grâce aux mesures techniques complémentaires
Les délégués à la protection des données élaborent des TIA conformes aux attentes des autorités européennes grâce à une méthodologie systématique en six étapes : identification des transferts et des catégories de données, évaluation des lois des pays tiers, analyse des risques d’accès gouvernemental, détermination des mesures complémentaires, mise en œuvre du chiffrement géré par le client et documentation des conclusions avec preuves de mise en œuvre. Avec 127 mesures correctives prononcées pour non-conformité des transferts en 2023–2024, l’enjeu n’a jamais été aussi élevé—et les contrôles techniques constituent la voie la plus directe vers une protection démontrable.
Kiteworks propose une architecture de chiffrement géré par le client, servant de mesure technique complémentaire conforme aux recommandations de l’EDPB et aux exigences des autorités. La plateforme utilise des clés contrôlées par le client, permettant aux délégués à la protection des données de documenter des mesures efficaces répondant aux risques d’accès gouvernemental identifiés lors de la TIA.
La plateforme prend en charge le déploiement dans l’UE, garantissant que la génération et la gestion des clés de chiffrement s’effectuent sous le contrôle de l’exportateur dans la juridiction européenne. Les organisations mettent en place une architecture technique empêchant les importateurs et autorités des pays tiers d’accéder aux données en clair, traitant ainsi les vulnérabilités identifiées lors de la TIA par une protection technique démontrable.
Kiteworks intègre la messagerie électronique, le partage et le transfert de fichiers, ainsi que les formulaires web, permettant des transferts internationaux via des canaux chiffrés. Le chiffrement géré par le client répond aux exigences de mesures complémentaires, tandis qu’une journalisation complète fournit les preuves nécessaires à la documentation TIA et aux contrôles des autorités.
Pour les délégués à la protection des données, Kiteworks fournit la documentation technique, les procédures de gestion des clés et les preuves de mise en œuvre attestant du déploiement du chiffrement géré par le client. Cette documentation soutient la justification des mesures complémentaires dans la TIA, démontrant une protection adéquate grâce à des contrôles techniques répondant aux risques d’accès gouvernemental.
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Foire aux questions
Conservez la méthodologie d’évaluation décrivant l’approche adoptée, l’analyse juridique des pays tiers avec références légales précises et description des autorités, les conclusions sur les risques identifiant les vulnérabilités, la justification des mesures complémentaires expliquant leur efficacité face aux risques identifiés, ainsi que les preuves de mise en œuvre incluant la documentation technique, les procédures de gestion des clés et les journaux d’audit. La documentation doit attester d’une évaluation approfondie des risques et de la mise en œuvre effective des mesures, sur la base de preuves concrètes et non de simples déclarations, permettant aux équipes d’audit de vérifier la conformité par une analyse technique.
Analysez si ces lois permettent l’accès gouvernemental sans autorisation judiciaire indépendante, n’imposent pas de critères de proportionnalité limitant la portée aux finalités nécessaires, excluent les non-citoyens des protections de la vie privée ou empêchent les organisations d’informer les personnes concernées. Comparez les standards du pays tiers aux exigences de l’UE (article 6 RGPD sur la légitimité et la nécessité). Si l’évaluation révèle un accès excédant les standards européens, mettez en œuvre des mesures techniques complémentaires—en particulier le chiffrement géré par le client—pour empêcher tout accès non autorisé, même en cas d’obligation légale de divulgation.
Le chiffrement sous contrôle de l’exportateur empêche tout accès en clair par des moyens techniques, indépendamment du cadre légal du pays tiers, alors que les clauses contractuelles ne peuvent empêcher une divulgation imposée par la loi et que les mesures organisationnelles n’ont pas de portée contraignante face aux autorités. Les mesures techniques protègent les données sans dépendre de la coopération du pays tiers, rendant les données inintelligibles à toute personne ne disposant pas des clés, y compris les autorités exerçant des pouvoirs légaux. L’EDPB identifie explicitement cette approche technique comme une mesure complémentaire efficace.
Réévaluez immédiatement en cas de modification des lois du pays tiers affectant les pouvoirs d’accès, d’extension du périmètre de transfert à de nouvelles catégories ou destinations, ou de mise à jour des recommandations des autorités. Effectuez des revues périodiques annuelles ou bisannuelles pour confirmer la pertinence de l’évaluation même sans événement déclencheur. Les organisations ayant mis en place le chiffrement géré par le client réduisent la fréquence des réévaluations, car la protection technique reste efficace malgré l’évolution du cadre légal, contrairement aux approches contractuelles nécessitant une réévaluation à chaque changement législatif.
Fournissez la documentation technique attestant de la mise en œuvre du chiffrement, les procédures de gestion des clés prouvant le contrôle exclusif par l’exportateur dans l’UE, la topologie de déploiement démontrant que les clés restent dans la juridiction européenne, les matrices de contrôle des accès garantissant l’utilisation autorisée et les journaux d’audit retraçant les demandes de déchiffrement. Ces preuves doivent démontrer que les importateurs de pays tiers ne peuvent accéder aux données en clair, même en cas d’injonction gouvernementale, le chiffrement rendant les données inintelligibles sans les clés contrôlées dans l’UE. L’analyse technique permet aux autorités de vérifier la protection effective.
Ressources complémentaires
- Article de blog
Souveraineté des données : bonne pratique ou obligation réglementaire ? - eBook
Souveraineté des données et RGPD - Article de blog
Les pièges à éviter en matière de souveraineté des données - Article de blog
Bonnes pratiques pour la souveraineté des données - Article de blog
Souveraineté des données et RGPD [Comprendre la sécurité des données]