Comment les organisations suisses peuvent gérer l’incertitude autour du Swiss-US Data Framework grâce à la souveraineté technique
Les organisations suisses qui servent des clients américains opèrent dans le cadre du Swiss-US Data Privacy Framework, qui autorise les flux de données entre les juridictions. Mais ce cadre repose sur des bases fragiles. Le Privacy Shield suivait la même logique et a été invalidé lors de l’arrêt Schrems II, car les programmes de surveillance américains fondés sur le FISA 702 et le CLOUD Act n’offraient pas de garanties équivalentes à celles de l’Europe. Le cadre suisse-américain répond à certains de ces enjeux, mais laisse intacte l’autorité de surveillance sous-jacente.
Les organisations les plus exposées à une invalidation du cadre sont celles qui ont bâti leur accès au marché américain sur ce seul fondement. Celles qui sont les moins exposées ont misé sur le chiffrement géré par le client et la souveraineté technique—une architecture qui répond aux exigences de sécurité des clients américains et protège les données des clients suisses contre tout accès du gouvernement américain, indépendamment de l’évolution du cadre juridique.
Cet article explique ce que signifierait concrètement une invalidation du cadre pour les organisations suisses, pourquoi les clients américains exigent de plus en plus de garanties techniques au-delà des mécanismes juridiques, et comment une architecture à double souveraineté permet aux organisations suisses de servir leurs clients américains sans compromettre les obligations de l’article 47 de la Loi sur les banques suisses.
Résumé Exécutif
Idée principale : Les organisations suisses remportent des opportunités commerciales aux États-Unis grâce à une architecture technique où le chiffrement géré par le client répond aux exigences de sécurité des données des clients américains tout en empêchant l’accès du gouvernement américain aux informations des clients suisses. Cette approche protège les obligations de l’article 47 de la Loi sur les banques suisses et les standards suisses de protection des données, tout en démontrant aux clients américains que leurs données bénéficient d’une protection robuste par des mesures techniques, et non par des cadres juridiques uniquement.
Pourquoi c’est important : Les organisations suisses qui démontrent leur souveraineté technique constatent une valeur contractuelle supérieure de 20 à 35 % sur le marché américain et des cycles de vente accélérés de 35 à 50 %. L’invalidation du cadre perturberait des milliers de relations commerciales entre la Suisse et les États-Unis—mais les organisations ayant mis en place une architecture souveraine conservent leur accès au marché américain, quelle que soit l’évolution du cadre juridique.
5 points clés à retenir
- Le Swiss-US Data Privacy Framework présente un risque d’invalidation, compte tenu du précédent du Privacy Shield et des préoccupations persistantes sur la surveillance américaine. L’invalidation du Privacy Shield en 2020 dans l’affaire Schrems II résultait de l’absence de garanties équivalentes à l’Europe dans les programmes de surveillance américains. Le cadre suisse-américain présente des vulnérabilités structurelles similaires sous l’autorité du CLOUD Act et du FISA 702. La souveraineté technique offre une protection indépendante de la stabilité du cadre.
- Les clients américains exigent de plus en plus des mesures techniques de protection des données, au-delà des mécanismes juridiques de transfert. Les entreprises américaines des secteurs financiers, de la santé et des industries réglementées demandent aux fournisseurs suisses de prouver qu’ils utilisent un chiffrement géré par le client, empêchant l’accès du fournisseur aux données du client. Ces exigences reflètent une prise de conscience post-incident que les garanties contractuelles sont insuffisantes sans une architecture technique empêchant tout accès non autorisé.
- L’article 47 de la Loi sur les banques suisses crée une responsabilité en cas de divulgation non autorisée de données client, y compris suite à des demandes du gouvernement américain. Les institutions financières suisses qui traitent des données de clients suisses tout en servant des clients américains doivent empêcher l’accès du gouvernement américain aux informations de leurs clients suisses. Une architecture technique qui sépare les données des clients américains de celles des clients suisses tout en mettant en œuvre un chiffrement géré par le client permet de satisfaire ces deux obligations simultanément.
- Le chiffrement géré par le client, où les clients américains contrôlent les clés, répond aux exigences d’achat américaines tout en protégeant la confidentialité des clients suisses. Lorsque les clients américains gèrent les clés de chiffrement via des modules matériels de sécurité sous leur contrôle, les fournisseurs suisses ne peuvent pas accéder aux données du client, même en cas d’injonction des autorités américaines ou suisses—ce qui permet de remporter des appels d’offres tout en restant conforme à la législation suisse.
- La souveraineté technique crée un pouvoir de fixation des prix et une différenciation concurrentielle sur le marché américain pour les fournisseurs suisses. Les organisations suisses qui démontrent le chiffrement géré par le client et des options de localisation des données pratiquent des tarifs supérieurs à ceux des concurrents qui s’appuient sur l’adéquation du cadre. Les clients américains reconnaissent la véritable différenciation technique, justifiant des tarifs plus élevés pour des fonctions offrant une protection indépendante des incertitudes géopolitiques.
Statut du Swiss-US Data Privacy Framework et risque d’invalidation
Le Swiss-US Data Privacy Framework, en vigueur depuis septembre 2023, autorise les transferts de données de la Suisse vers des organisations américaines certifiées. Ce cadre exige des entreprises américaines qu’elles s’engagent à respecter des principes de confidentialité tels que la limitation de la finalité, la minimisation des données et les droits d’accès individuels, sous la supervision de la Federal Trade Commission et du Department of Commerce.
Le cadre répond aux préoccupations de Schrems II sans résoudre l’autorité de surveillance sous-jacente
L’arrêt Schrems II de la Cour de justice a invalidé le Privacy Shield, car les programmes de surveillance américains fondés sur le FISA 702 et l’Executive Order 12333 permettent un accès gouvernemental aux données dépassant les standards de nécessité et de proportionnalité. Le cadre suisse-américain tente d’y répondre via des modifications d’ordonnances exécutives et la création d’une Data Protection Review Court—mais l’autorité fondamentale de surveillance américaine demeure inchangée. Les experts juridiques notent que le cadre suisse-américain pourrait être contesté devant le Tribunal fédéral suisse ou via une évaluation de l’autorité suisse de protection des données, sur des bases similaires à celles qui ont conduit à l’invalidation du Privacy Shield.
L’autorité extraterritoriale du CLOUD Act fragilise les garanties du cadre pour les organisations suisses
L’autorité du CLOUD Act, qui permet au gouvernement américain d’exiger des entreprises américaines la production de données, quel que soit leur lieu de stockage, suscite de vives inquiétudes pour les organisations suisses. Les garanties du cadre deviennent inefficaces lorsque les autorités américaines exercent leur juridiction extraterritoriale—un engagement contractuel d’un fournisseur américain ne peut pas prévaloir sur son obligation légale de se conformer à une injonction valide du CLOUD Act. Les organisations suisses qui utilisent des plateformes américaines pour le traitement de données client sont exposées à ce risque, qu’elles participent ou non au cadre.
L’invalidation du cadre imposerait des mesures techniques complémentaires qui devraient déjà être en place
L’invalidation du cadre obligerait les organisations suisses à mettre en œuvre des Clauses Contractuelles Types ou des mécanismes alternatifs pour les transferts de données vers les États-Unis. Les recommandations post-Schrems II imposent des mesures techniques complémentaires lors de transferts vers des juridictions dotées de capacités de surveillance gouvernementale. Cela crée de fait une exigence de souveraineté technique, indépendamment du statut du cadre—les organisations qui mettent en place le chiffrement géré par le client répondent dès aujourd’hui à la fois au socle du cadre actuel et aux exigences complémentaires qui s’appliqueraient à tout mécanisme de remplacement.
Quelles normes de conformité des données sont essentielles ?
Pour en savoir plus :
Exigences des clients américains en matière de protection technique des données
Les achats d’entreprise américains ont évolué après SolarWinds, Colonial Pipeline et d’autres violations majeures, faisant de la protection technique des données un critère de qualification obligatoire. Les questionnaires de sécurité des banques, assureurs et entreprises technologiques américaines incluent désormais des questions précises qui créent des seuils d’élimination directe—et la participation au cadre suisse-américain n’y répond pas.
Les questionnaires d’achat américains portent sur l’architecture technique, pas sur la participation au cadre juridique
Les questions courantes sont : « Votre plateforme prend-elle en charge des clés de chiffrement gérées par le client, stockées dans des HSM sous contrôle exclusif du client ? » « Votre solution peut-elle être déployée dans des data centers américains empêchant tout accès du personnel non américain aux données client ? » « Disposez-vous de capacités techniques permettant d’accéder aux données client en cas de demande d’un gouvernement étranger ? » Les fournisseurs suisses qui répondent « non » ou de façon nuancée sont automatiquement éliminés, quelle que soit leur participation au cadre suisse-américain—car les équipes d’achat savent que le cadre autorise le transfert légal, mais n’offre pas de protection technique contre l’accès du fournisseur ou la contrainte gouvernementale.
Les fournisseurs suisses qui proposent le chiffrement géré par le client transforment les exigences d’achat américaines en différenciation
Cela crée une véritable opportunité pour les fournisseurs suisses. En mettant en œuvre un chiffrement géré par le client, où les clients américains contrôlent les clés de déchiffrement, les organisations suisses se distinguent des concurrents américains incapables d’offrir une souveraineté équivalente. Les clients américains apprécient les fournisseurs suisses qui associent la culture suisse de la protection des données à une architecture technique empêchant l’accès du fournisseur suisse aux données des clients américains—une combinaison que les concurrents américains soumis au CLOUD Act ne peuvent pas reproduire de façon crédible.
Obligations issues de la Loi sur les banques suisses lors de la prestation de services à des clients américains
Les institutions financières suisses qui servent des clients américains tout en traitant des données de clients suisses font face à une double obligation : répondre aux exigences des clients américains tout en respectant la confidentialité de l’article 47 pour les clients suisses. Ces obligations ne sont pas naturellement contradictoires—mais elles nécessitent une séparation architecturale délibérée pour être satisfaites simultanément.
La responsabilité de l’article 47 s’étend aux scénarios où les données de clients suisses deviennent accessibles via des demandes du gouvernement américain
La responsabilité pénale de l’article 47 s’applique lorsque des données de clients suisses deviennent accessibles à des gouvernements étrangers via des plateformes technologiques ou des accords de services. Lorsque des banques suisses utilisent des plateformes traitant à la fois des données de clients suisses et de clients américains, l’architecture doit empêcher les demandes du gouvernement américain d’exposer les informations des clients suisses. Le risque n’est pas théorique—une injonction CLOUD Act visant les données d’un client américain sur une plateforme partagée pourrait, sans cloisonnement adéquat, atteindre les dossiers de clients suisses hébergés sur la même infrastructure.
Des hiérarchies de clés de chiffrement séparées sont le mécanisme technique qui répond aux deux obligations
L’implémentation technique impose de séparer les données des clients suisses de celles des clients américains, avec des hiérarchies de clés de chiffrement distinctes. Les données des clients suisses sont chiffrées avec des clés sous contrôle exclusif de la banque suisse, stockées en Suisse, jamais accessibles aux plateformes ou au personnel soumis à la juridiction américaine. Les données des clients américains sont chiffrées avec des clés sous contrôle du client américain, répondant aux exigences d’achat américaines tout en restant séparées des informations des clients suisses. Cette architecture permet aux institutions financières suisses de conquérir le marché américain sans exposer leur clientèle suisse à l’article 47.
Architecture de chiffrement géré par le client pour les relations commerciales Suisse–États-Unis
Les organisations suisses mettent en œuvre un chiffrement géré par le client, protégeant les données des clients américains tout en maintenant la souveraineté des données suisses pour leurs opérations et leurs clients.
Des clés générées dans des HSM américains garantissent que les fournisseurs suisses n’ont aucun accès technique aux données des clients américains
Pour les clients américains, la mise en œuvre commence par la génération de clés sous leur contrôle. Les clés sont générées dans des HSM déployés dans des data centers américains ou sur site chez le client. Les clients américains contrôlent le cycle de vie des clés sans intervention du fournisseur suisse. Lorsque les données des clients américains arrivent sur les plateformes du fournisseur suisse—via la messagerie électronique, le partage sécurisé de fichiers, le transfert sécurisé de fichiers ou des interfaces applicatives—le chiffrement s’effectue immédiatement avec les clés du client américain. Les données chiffrées peuvent résider sur l’infrastructure du fournisseur suisse, car ce dernier ne dispose d’aucun moyen de déchiffrement.
Une infrastructure de clés suisse séparée garantit que les demandes du gouvernement américain ne peuvent pas atteindre les données des clients suisses
Pour les données des clients suisses, une architecture distincte met en œuvre un chiffrement géré par la banque ou l’organisation suisse avec des clés stockées en Suisse. Ce cloisonnement garantit que les demandes du gouvernement américain visant les données de clients américains ne peuvent pas atteindre les informations des clients suisses, car des hiérarchies de clés séparées empêchent tout accès croisé, même en cas de compromission du fournisseur ou de contrainte légale. Ce cloisonnement constitue la barrière technique imposée par l’article 47—il ne s’agit pas d’une simple déclaration d’intention, mais d’une réalité technique qui rend la conformité incontournable.
La flexibilité de déploiement permet à chaque client d’adapter l’infrastructure à ses exigences de souveraineté
La flexibilité de déploiement offre des options adaptées aux besoins des clients. Les clients américains qui souhaitent une souveraineté maximale déploient dans des data centers américains avec chiffrement géré par le client. Ceux qui privilégient l’expertise du fournisseur suisse tout en protégeant leurs données utilisent le chiffrement géré par le client sur une infrastructure opérée par le fournisseur suisse, garantissant que ce dernier traite des données chiffrées sans accès en clair. Les approches hybrides permettent de traiter certaines charges de travail dans les juridictions préférées tout en conservant une plateforme unifiée—offrant ainsi aux organisations suisses la possibilité de répondre à une diversité de préférences de souveraineté sans multiplier les architectures produits.
Avantages concurrentiels sur le marché américain grâce à la souveraineté technique
Les organisations suisses qui mettent en œuvre la souveraineté technique bénéficient d’avantages concurrentiels sur le marché américain, notamment un pouvoir de fixation des prix, des cycles de vente accélérés et un accès à des secteurs réglementés auparavant difficiles d’accès pour les fournisseurs non américains.
La rareté de la souveraineté parmi les concurrents permet de maintenir une prime tarifaire de 20 à 35 % sur le marché américain
La dynamique tarifaire favorise les fournisseurs suisses qui démontrent le chiffrement géré par le client. Les entreprises américaines considèrent les fonctions de souveraineté comme rares, créant une tension sur l’offre. Les fournisseurs suisses constatent des valeurs contractuelles supérieures de 20 à 35 % pour les contrats américains où la souveraineté était une exigence d’achat, par rapport à des contrats comparables sans ce critère. Cette prime tarifaire reste durable, car les clients américains qui renouvellent leurs contrats maintiennent les tarifs, reconnaissant les coûts de changement et la valeur continue de la souveraineté—transformant ainsi l’investissement initial en architecture en un avantage récurrent, et non en un simple coût de qualification ponctuel.
La démonstration précoce de la souveraineté réduit les cycles de vente américains de 40 à 50 %
Les cycles de vente se raccourcissent considérablement lorsque les fournisseurs suisses démontrent leur souveraineté dès les premiers échanges. Traditionnellement, les cycles de vente des fournisseurs suisses sur le marché américain duraient 8 à 12 mois, dont 3 à 4 mois consacrés aux revues de sécurité portant sur la protection des données. Les fournisseurs suisses qui proposent le chiffrement géré par le client constatent des cycles réduits à 4–6 mois—soit une réduction de 40 à 50 %. La démonstration précoce de la souveraineté élimine la principale objection à l’achat, permettant d’accéder plus rapidement aux négociations commerciales, avant même que les concurrents n’aient terminé leur revue de sécurité.
Le chiffrement géré par le client ouvre l’accès à des secteurs réglementés américains inaccessibles par la seule participation au cadre
Les secteurs réglementés américains deviennent accessibles aux fournisseurs suisses dotés de fonctions souveraines. Les entreprises américaines de services financiers, soumises à des exigences réglementaires strictes, exigent de plus en plus le chiffrement géré par le client. Les organismes de santé américains soumis à la HIPAA demandent une architecture technique empêchant tout accès non autorisé aux informations médicales protégées. Les sous-traitants du gouvernement américain soumis à l’ITAR ou au CMMC spécifient des protections de souveraineté. Les organisations suisses qui démontrent le chiffrement géré par le client, des capacités de déploiement aux États-Unis et des garanties techniques empêchant l’accès du gouvernement suisse répondent à ces exigences—ouvrant ainsi des segments de marché inaccessibles par la seule participation au cadre.
Architecture indépendante du cadre pour un accès durable au marché américain
La souveraineté technique offre aux organisations suisses une protection contre l’invalidation du cadre, tout en créant des avantages concurrentiels immédiats. Que le cadre suisse-américain reste valide ou soit contesté, une architecture qui garantit aux clients américains le contrôle de leurs données via le chiffrement géré par le client permet de rester conforme aux exigences de transfert, quel que soit le mécanisme juridique.
Les organisations dotées d’une architecture souveraine poursuivent leurs opérations américaines sans interruption en cas d’invalidation du cadre
En cas d’invalidation du cadre, le chiffrement géré par le client répond immédiatement aux exigences complémentaires des Clauses Contractuelles Types. Les recommandations post-Schrems II identifient le chiffrement sous contrôle du client comme la principale mesure technique pour protéger les données lors de transferts vers des juridictions dotées de capacités de surveillance gouvernementale. Les organisations suisses qui mettent en œuvre le chiffrement géré par le client avant toute remise en cause du cadre prouvent leur conformité SCC sans interruption opérationnelle—tandis que les concurrents qui s’appuient uniquement sur le cadre doivent rapidement modifier leur architecture ou se retirer du marché américain.
Une architecture souveraine proactive transforme un risque réglementaire en avantage commercial
Cette approche proactive crée un avantage stratégique qui va au-delà de la simple gestion du risque. Les clients américains qui recherchent des partenaires sur le long terme privilégient de plus en plus les fournisseurs dont la conformité ne dépend pas de la stabilité géopolitique. Les organisations suisses capables de démontrer une protection des données indépendante du cadre—grâce au chiffrement géré par le client et non à une simple évaluation d’adéquation juridique—se positionnent comme le choix le plus pérenne, quelle que soit l’évolution du paysage réglementaire.
Approche de mise en œuvre pour les organisations suisses
Les organisations suisses qui mettent en œuvre la souveraineté technique pour le marché américain doivent choisir leur approche de gestion des clés, leurs modèles de déploiement, leurs procédures opérationnelles et leur positionnement commercial.
L’architecture de gestion des clés doit garantir que les clés des clients américains ne transitent jamais par l’infrastructure suisse
L’architecture de gestion des clés doit répondre aux exigences des clients américains en matière de contrôle exclusif. Les options incluent l’intégration avec des HSM sur site chez le client américain, la prise en charge de services HSM américains comme Thales ou Amazon CloudHSM, ou des appliances virtuelles durcies permettant la gestion des clés par le client. L’exigence essentielle est que les clés ne transitent jamais vers l’infrastructure suisse ni ne soient accessibles au personnel suisse pour les données des clients américains—garantissant qu’une divulgation forcée de l’infrastructure du fournisseur suisse ne livre que des données chiffrées.
Les options de déploiement aux États-Unis doivent offrir des garanties techniques, pas seulement une présence géographique
Les modèles de déploiement doivent proposer des options dans des data centers américains. Les organisations suisses peuvent s’associer à des fournisseurs d’infrastructure américains, déployer dans des régions américaines de clouds hyperscale avec chiffrement géré par le client, ou prendre en charge le déploiement sur site chez le client. Le déploiement doit garantir techniquement que le traitement des données des clients américains s’effectue sur le sol américain, sous contrôle du client, tout en maintenant la séparation des données des clients suisses—la présence géographique aux États-Unis est nécessaire, mais insuffisante si l’architecture permet toujours un accès opérationnel du personnel suisse.
Le positionnement commercial doit mettre en avant l’indépendance vis-à-vis du cadre, et non la conformité au cadre
Le positionnement commercial doit valoriser l’indépendance vis-à-vis du cadre. Les organisations suisses qui s’adressent aux clients américains se différencient en proposant une architecture souveraine qui protège les données, quelle que soit l’évolution du cadre juridique suisse-américain. Les procédures opérationnelles doivent être adaptées pour éliminer tout accès du personnel suisse aux données des clients américains—flux d’approbation contrôlés par le client pour les activités de support, procédures d’urgence nécessitant l’autorisation du client américain, et outils de diagnostic fonctionnant sur des données chiffrées. Les équipes de support doivent être formées pour assister les clients américains sans accéder à leurs informations protégées.
Double souveraineté : protéger à la fois les clients américains et suisses
Les organisations suisses mettent en œuvre une architecture à double souveraineté, où les données des clients américains sont protégées sous leur contrôle, tandis que celles des clients suisses restent sous le contrôle exclusif de l’organisation suisse. Cette approche répond aux attentes des deux parties tout en démontrant la sophistication technique qui distingue les fournisseurs suisses sur des marchés concurrentiels.
Les clients américains vérifient, via des audits techniques, que les fournisseurs suisses ne peuvent pas accéder à leurs données
Pour les clients américains, la double souveraineté signifie que leurs données sont chiffrées avec des clés qu’ils contrôlent, stockées dans des HSM américains, avec un traitement dans des data centers américains si nécessaire. Les clients américains vérifient, via des audits techniques, que les fournisseurs suisses ne peuvent pas accéder à leurs données, répondant ainsi aux exigences d’achat et de conformité. Cette architecture positionne les fournisseurs suisses comme offrant une protection supérieure à celle des concurrents américains soumis au CLOUD Act—ces derniers ne pouvant pas garantir le même niveau d’immunité technique face à l’accès gouvernemental que le chiffrement géré par le client.
Les clients suisses ont la garantie que les opérations américaines ne compromettent pas leurs protections de l’article 47
Pour les clients suisses, la double souveraineté garantit que leurs données restent sous le contrôle exclusif de l’organisation suisse, chiffrées avec des clés en Suisse, traitées dans des installations suisses, protégées par l’article 47 et la législation suisse sur la protection des données. Les clients suisses ont la garantie que les relations organisationnelles avec les clients américains ne compromettent pas la confidentialité de leurs données—car le cloisonnement architectural rend tout accès croisé techniquement impossible, et non simplement interdit par contrat. Cette distinction est essentielle pour les clients suisses avertis, qui savent que les interdictions contractuelles peuvent être levées par la contrainte légale, alors que la séparation architecturale ne le peut pas.
Comment Kiteworks permet aux organisations suisses de conquérir le marché américain grâce à la souveraineté technique
Les organisations suisses remportent des opportunités commerciales aux États-Unis grâce à une architecture technique où le chiffrement géré par le client répond aux exigences d’achat américaines tout en protégeant les données des clients suisses contre l’accès du gouvernement américain. Le Swiss-US Data Privacy Framework présente les mêmes vulnérabilités structurelles que celles ayant conduit à l’invalidation du Privacy Shield—les organisations qui fondent leur accès au marché américain sur la seule adéquation du cadre risquent une interruption de leur activité à la moindre contestation juridique. Celles qui misent sur le chiffrement géré par le client conservent leur accès au marché américain, quelle que soit l’évolution du cadre, tout en pratiquant des tarifs supérieurs de 20 à 35 % et des cycles de vente 40 à 50 % plus rapides sur les marchés qu’elles servent aujourd’hui.
Kiteworks fournit aux organisations suisses une architecture de chiffrement géré par le client qui leur permet de remporter des contrats américains tout en protégeant la confidentialité de leurs clients suisses. La plateforme utilise des clés de chiffrement contrôlées par le client, qui ne quittent jamais son infrastructure, ce qui signifie que même en cas d’injonction gouvernementale, Kiteworks ne dispose d’aucun moyen technique d’accéder aux données client.
La plateforme propose un déploiement flexible, incluant l’installation dans des data centers américains pour les données des clients américains avec chiffrement géré par le client, le déploiement dans des data centers suisses pour les données des clients suisses avec chiffrement géré par l’organisation, et des appliances virtuelles durcies offrant souveraineté et simplicité opérationnelle. Les organisations suisses mettent en œuvre une architecture à double souveraineté répondant à la fois aux exigences d’achat des clients américains et aux obligations de la Loi sur les banques suisses.
Kiteworks intègre la messagerie électronique, le partage sécurisé de fichiers, le transfert sécurisé de fichiers et les formulaires web dans une architecture unifiée, permettant aux organisations suisses de gérer les données de clients internationaux sur des plateformes souveraines. Cette intégration simplifie la mise en œuvre des clés gérées par le client tout en offrant un audit unifié répondant aux exigences réglementaires suisses et américaines.
Pour les institutions financières suisses qui servent des clients américains tout en préservant la confidentialité de leurs clients suisses, l’architecture Kiteworks permet des hiérarchies de clés séparées empêchant tout accès croisé entre les données des clients américains et celles des clients suisses. Cela satisfait aux obligations de l’article 47 tout en permettant un positionnement concurrentiel sur le marché américain grâce à la démonstration de souveraineté technique.
Pour en savoir plus sur la façon dont Kiteworks accompagne les organisations suisses face à l’incertitude du cadre suisse-américain grâce à la souveraineté technique, réservez votre démo personnalisée dès aujourd’hui.
Foire aux questions
Mettez en place des hiérarchies de clés de chiffrement séparées : les données des clients américains sont chiffrées avec des clés contrôlées par les clients américains via des HSM situés aux États-Unis, tandis que les données des clients suisses sont chiffrées avec des clés contrôlées par les organisations suisses en Suisse. Cette architecture empêche les fournisseurs suisses d’accéder aux données des clients américains, répondant ainsi aux exigences d’achat américaines. Par ailleurs, la séparation garantit que les demandes du gouvernement américain ne peuvent pas atteindre les données des clients suisses, satisfaisant l’article 47. La séparation technique assure la conformité aux deux obligations par l’architecture, et non par la politique interne.
Démontrez le chiffrement géré par le client avec contrôle exclusif des clés par le client, le déploiement dans des data centers américains empêchant l’accès du personnel non américain, des garanties architecturales techniques empêchant l’accès du fournisseur aux données en clair, des procédures opérationnelles exigeant l’approbation du client pour les activités administratives, et des capacités d’audit prouvant l’absence d’accès non autorisé. Ces fonctions créent un avantage, car la plupart des concurrents ne peuvent pas offrir une souveraineté équivalente, permettant aux fournisseurs suisses de pratiquer des tarifs supérieurs de 20 à 35 % tout en se différenciant par la protection technique, et non uniquement par le prix.
Fixez les tarifs de la souveraineté 20 à 35 % au-dessus des offres standards, reflétant l’investissement en ingénierie dans le chiffrement géré par le client, l’infrastructure de déploiement américaine et l’architecture à double souveraineté. Justifiez la prime en insistant sur la rareté de la souveraineté chez les concurrents, la protection indépendante de l’incertitude du cadre suisse-américain, la conformité aux attentes réglementaires américaines en matière de sécurité des données, et les coûts de changement encourus par les clients lors de la mise en œuvre d’une infrastructure de clés gérées par le client. Présentez la souveraineté comme une fonction de niveau entreprise permettant un partenariat durable, et non comme une simple contrainte de conformité.
L’invalidation du cadre impose la mise en œuvre de Clauses Contractuelles Types avec des mesures techniques complémentaires, conformément aux recommandations de Schrems II. Les organisations suisses qui disposent déjà du chiffrement géré par le client répondent immédiatement à ces exigences et poursuivent leurs activités américaines sans interruption. Les organisations qui s’appuient uniquement sur le cadre subissent une perturbation opérationnelle, devant rapidement modifier leur architecture ou se retirer du marché américain. La souveraineté technique, mise en œuvre de façon proactive, offre une conformité indépendante du cadre, pérennisant les relations commerciales, quelle que soit l’évolution juridique.
Déployez des systèmes séparés : les données des clients américains sont traitées sur une infrastructure américaine avec chiffrement géré par le client sous contrôle du client américain, tandis que les données des clients suisses sont traitées sur une infrastructure suisse avec chiffrement géré par l’organisation sous contrôle exclusif de la banque suisse. Mettez en place des hiérarchies de clés distinctes empêchant tout accès croisé entre les ensembles de données. Documentez l’architecture technique prouvant que les demandes du gouvernement américain ne peuvent pas atteindre les données des clients suisses, satisfaisant ainsi l’article 47. Cela permet aux banques suisses de conquérir le marché américain tout en respectant leurs obligations de confidentialité grâce à la séparation technique.
Ressources complémentaires
- Article de blog
Souveraineté des données : bonne pratique ou exigence réglementaire ? - eBook
Souveraineté des données et RGPD - Article de blog
Évitez ces pièges de la souveraineté des données - Article de blog
Bonnes pratiques de la souveraineté des données - Article de blog
Souveraineté des données et RGPD [Comprendre la sécurité des données]