Comment les cabinets d’avocats européens peuvent préserver le secret professionnel et la confidentialité des clients face aux exigences des gouvernements étrangers

Le secret professionnel constitue le socle de la relation avocat-client dans toutes les juridictions européennes. Qu’il soit désigné comme Anwaltsgeheimnis dans la loi fédérale allemande sur les avocats et le Code pénal, secret professionnel dans la loi française du 31 décembre 1971, ou legal professional privilege dans le common law irlandais, le principe reste identique : les clients doivent pouvoir communiquer avec leurs avocats en toute confiance, certains que ces échanges resteront protégés contre toute divulgation.

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Cette protection fondamentale est aujourd’hui fragilisée par un choix technologique que la plupart des cabinets d’avocats ont fait sans en mesurer toutes les conséquences. Lorsqu’un cabinet européen utilise des plateformes de partage de fichiers, des systèmes de messagerie ou des outils collaboratifs opérés par des fournisseurs dont le siège est aux États-Unis, chaque communication couverte par le secret et chaque document confidentiel du client transitant par ces plateformes devient potentiellement accessible au regard du CLOUD Act américain. Le fournisseur peut être contraint de fournir les données, quel que soit leur lieu de stockage, sans en avertir le cabinet ni ses clients, et sans intervention d’une juridiction européenne.

Ce guide explique comment les cabinets d’avocats européens peuvent préserver le secret professionnel et la confidentialité de leurs clients grâce à des choix architecturaux qui placent les communications protégées hors de portée des demandes émanant de gouvernements étrangers.

Résumé exécutif

Idée principale : Les cabinets d’avocats européens sont soumis à des obligations de secret professionnel, pénalement sanctionnées dans de nombreuses juridictions. Pourtant, lorsqu’ils échangent des communications protégées via des plateformes opérées depuis les États-Unis, ils créent une faille technique permettant à des gouvernements étrangers d’y accéder sans aucune autorisation judiciaire européenne. Pour les cabinets, la question de la souveraineté des données n’est pas théorique : il s’agit de savoir si leur infrastructure technologique est conforme à leurs obligations légales.

Pourquoi c’est important : Les lignes directrices du CCBE sur le cloud, publiées en février 2025, recommandent explicitement aux avocats de vérifier que les fournisseurs cloud ne sont pas soumis à des juridictions dotées de lois extraterritoriales imposant la remise de données à des autorités non européennes. Par ailleurs, 65 % des cabinets britanniques ont déjà subi un incident de cybersécurité. Les clients des secteurs réglementés exigent de plus en plus des garanties de gouvernance des données de la part de leurs conseils externes, et les cabinets incapables de démontrer une architecture souveraine pour leurs communications protégées risquent de perdre des dossiers au profit de concurrents mieux équipés.

5 points clés à retenir

  1. Le secret professionnel est une obligation légale, non une simple préférence, et des sanctions pénales existent dans de nombreuses juridictions. En Allemagne, l’article §203 StGB fait de la divulgation non autorisée d’informations client une infraction pénale. En France, le secret professionnel relève de l’ordre public. Ces obligations s’étendent aux choix technologiques des avocats pour le stockage et la transmission des communications protégées.
  2. Le CLOUD Act contourne structurellement les protections européennes du secret professionnel. Lorsqu’un cabinet utilise des plateformes de communication opérées par des fournisseurs américains, ces derniers peuvent être contraints de fournir les données en vertu du droit américain, sans autorisation judiciaire européenne ni notification au cabinet. Le chiffrement contrôlé par le client est la seule mesure technique qui élimine ce risque.
  3. La Convention du Conseil de l’Europe sur la profession d’avocat de 2025 relève le niveau d’exigence en matière de protection du secret. Adoptée en mars 2025 et signée par 18 pays, la Convention renforce le droit des avocats à des communications confidentielles avec leurs clients. L’article 7 traite explicitement de la surveillance étatique des échanges avocat-client, instaurant un cadre international contraignant que les choix technologiques doivent respecter.
  4. Les dossiers transfrontaliers multiplient les vulnérabilités du secret professionnel. Lorsqu’un cabinet international coordonne une opération de M&A, les documents protégés circulent entre Londres, Francfort, Paris et Amsterdam via des plateformes partagées. Chaque transfert de données sur une plateforme non souveraine accroît l’exposition juridictionnelle de chaque document couvert par le secret.
  5. Les clients exigeants auditent désormais l’infrastructure de données de leurs conseils externes. Les institutions financières soumises à DORA, les laboratoires pharmaceutiques protégeant la propriété intellectuelle de leurs essais cliniques, et les industriels de la défense soumis au CMMC évaluent de plus en plus la souveraineté des plateformes de leurs avocats dans le cadre de leurs processus de sélection. Les cabinets dépourvus d’architecture souveraine risquent de perdre des dossiers dans les secteurs les plus réglementés et à forte valeur ajoutée.

Le cadre juridique du secret professionnel en Europe

Des doctrines nationales convergent vers un même objectif que les choix technologiques doivent respecter

Le secret professionnel des avocats en Europe repose sur des mécanismes nationaux variés, mais poursuit un objectif commun : garantir la confidentialité des échanges entre clients et avocats. En Allemagne, le secret professionnel s’appuie sur deux fondements : l’article 43a(2) de la loi fédérale sur les avocats (BRAO) impose une obligation positive de respecter le secret, et l’article 203(1)(3) du Code pénal (StGB) sanctionne pénalement la divulgation non autorisée, jusqu’à un an d’emprisonnement. La réforme de 2017 du §203 StGB a élargi le cercle des personnes pouvant accéder aux secrets (notamment les prestataires IT), mais a imposé à ces tiers une responsabilité pénale et obligé les avocats à les soumettre à des accords de confidentialité.

En France, le secret professionnel relève de l’ordre public, sans exception technologique

En France, le secret professionnel bénéficie d’une protection renforcée. L’article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 couvre tous les échanges entre avocat et client, entre avocats, ainsi que tous les documents du dossier. L’article 2 du Règlement Intérieur National classe le secret professionnel comme une question d’ordre public. Le Conseil National des Barreaux a rappelé que les avocats doivent se montrer « particulièrement exemplaires » en matière de secret professionnel dans les communications numériques, qualifiant ce principe de « clé de voûte » que l’évolution technologique ne saurait affaiblir. Des obligations similaires existent dans toute l’UE : l’article 622 du Code pénal italien, la loi sur la profession d’avocat en Pologne, la jurisprudence de la Cour suprême des Pays-Bas et l’article 9 de la Rechtsanwaltsordnung autrichienne font du secret professionnel une obligation légale contraignante assortie de sanctions.

La Convention du Conseil de l’Europe 2025 et les lignes directrices du CCBE créent de nouveaux standards contraignants pour le secret numérique

La Convention du Conseil de l’Europe pour la protection de la profession d’avocat, adoptée à l’unanimité le 12 mars 2025, est le premier traité international contraignant dédié à la protection des avocats. Signée par 18 pays dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie, l’Irlande et la Pologne, l’article 7 renforce spécifiquement le droit des avocats à communiquer avec leurs clients sans surveillance étatique, avec un mécanisme de suivi dédié (GRAVO) chargé de veiller à sa mise en œuvre.

Les lignes directrices du CCBE sur le cloud, publiées en février 2025, précisent explicitement que les avocats doivent s’assurer que les fournisseurs de services cloud ne sont pas soumis à des juridictions dotées de lois extraterritoriales les obligeant à remettre les données des avocats européens à des autorités nationales non européennes. Elles imposent de traiter le secret professionnel et le RGPD comme des critères prioritaires dans le choix des services cloud. La Cour de justice de l’Union européenne a d’ailleurs rappelé le statut particulier des avocats : dans le cadre de la directive DAC6, elle a reconnu que le secret professionnel des avocats exige des protections renforcées par rapport aux autres professions.

Comment les lois d’accès des gouvernements étrangers fragilisent le secret professionnel

Le CLOUD Act s’applique à toute plateforme opérée depuis les États-Unis, quel que soit le lieu de stockage des données

Le CLOUD Act américain (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act), adopté en 2018, modifie le Stored Communications Act pour préciser que les fournisseurs américains doivent conserver et fournir les données qu’ils contrôlent, quel que soit leur lieu de stockage. Lorsqu’un cabinet européen utilise Microsoft 365, Google Workspace ou toute autre plateforme opérée par une société américaine pour le partage de fichiers ou la messagerie, ses communications protégées tombent sous le coup du CLOUD Act.

Les demandes fondées sur le CLOUD Act relèvent exclusivement du système judiciaire américain, sans intervention européenne

Une demande fondée sur le CLOUD Act ne requiert aucune intervention d’un tribunal européen, aucune notification au cabinet ni à ses clients, et s’opère exclusivement via le système judiciaire américain. Le CLOUD Act prévoit un mécanisme d’analyse de la courtoisie internationale, mais son efficacité réelle reste incertaine. Comme le souligne l’analyse du Groupe d’Études Géopolitiques, rien ne garantit que les tribunaux américains considèrent le non-respect des règles européennes de confidentialité comme suffisant pour dispenser un fournisseur de ses obligations au titre du CLOUD Act. La récente décision d’un tribunal de l’Ontario ordonnant à la filiale canadienne d’OVHcloud de fournir des données stockées en France, au Royaume-Uni et en Australie—malgré l’argument d’OVH selon lequel cela violerait le droit français—montre que les tribunaux d’une juridiction n’hésitent plus à exiger la production de données détenues par des filiales étrangères, indépendamment des protections locales.

FISA 702 et le Patriot Act ouvrent d’autres voies d’accès étrangères en plus du CLOUD Act

Le CLOUD Act n’est pas la seule loi américaine visant les données des cabinets européens. La section 702 de la FISA autorise la surveillance de personnes non américaines à des fins de renseignement, et le Patriot Act a étendu l’accès gouvernemental aux communications stockées dans un contexte de sécurité nationale. Ensemble, ces lois créent plusieurs voies d’accès pour les autorités américaines aux données détenues par des fournisseurs américains, sans procédure judiciaire européenne. La Déclaration sur la souveraineté numérique de l’UE de novembre 2025 traduit une prise de conscience politique croissante de cette dépendance structurelle, renforçant l’obligation professionnelle d’évaluer si l’infrastructure technologique est conforme aux objectifs de souveraineté européens.

Où le secret professionnel est-il le plus exposé ?

Les échanges client-avocat à la recherche de conseils juridiques concentrent les informations que le secret vise à protéger

Le flux de données le plus sensible dans un cabinet d’avocats est l’échange de conseils juridiques entre l’avocat et son client. Lorsqu’un client envoie un e-mail à son conseil externe pour solliciter un avis sur une enquête antitrust, ce message contient précisément les informations que le secret vise à protéger : l’analyse de la situation par le client, des faits potentiellement sensibles nécessitant un conseil, et des considérations stratégiques. Si cet e-mail transite par une plateforme opérée depuis les États-Unis, la communication même que le secret protège devient techniquement accessible en vertu du droit américain.

Pour les cabinets transfrontaliers, le problème s’aggrave. Un associé à Francfort qui conseille un client allemand sur des questions de concurrence européenne doit parfois consulter des collègues à Londres, Paris ou Bruxelles. Chaque échange interne véhicule une analyse protégée via les systèmes de messagerie et de partage de documents du cabinet. Si ces systèmes sont opérés par un fournisseur américain, chaque échange interne multiplie l’exposition juridictionnelle—et aucune analyse juridique du secret ne peut pallier une vulnérabilité d’origine architecturale.

Les documents de travail et la stratégie contentieuse sont précisément ce que recherchent les parties adverses et les régulateurs étrangers

Les documents de travail des avocats—stratégies contentieuses, projets d’actes, analyses de dossiers—bénéficient d’une forte protection dans les juridictions distinguant le conseil du contentieux. Mais cette protection devient illusoire si ces documents sont stockés sur des plateformes où des autorités étrangères peuvent exiger leur production. L’analyse de la position de marché d’un client par un cabinet de concurrence, préparée pour une notification de fusion, contient des informations stratégiques précieuses pour les régulateurs, concurrents et acteurs politiques. L’analyse des risques par un cabinet de défense pénale est précisément ce que recherchent les procureurs. Si ces documents sont hébergés sur des plateformes soumises au CLOUD Act, ils deviennent potentiellement accessibles aux autorités américaines, qui peuvent ensuite partager ces informations avec leurs homologues européens via des canaux d’entraide judiciaire ou de coopération informelle.

Les data rooms de M&A concentrent des informations stratégiques particulièrement vulnérables sur le cloud

Les opérations de M&A transfrontalières génèrent d’importants volumes de documents protégés et sensibles. Les data rooms virtuelles regroupent les états financiers de la cible, les portefeuilles de propriété intellectuelle et les analyses juridiques. Les correspondances transactionnelles contiennent des conseils protégés sur la valorisation, la structuration et la négociation. Lorsque ces data rooms et canaux de communication reposent sur des plateformes américaines, l’ensemble du dossier devient exposé juridiquement. La faille Proskauer Rose de 2023—où un acteur malveillant a accédé à 184 000 fichiers financiers et juridiques protégés via un serveur Azure non sécurisé—illustre les conséquences catastrophiques d’une compromission de données stratégiques sur le cloud.

Les enquêtes réglementaires impliquant des autorités américaines et européennes exposent le secret à son maximum

Lorsqu’une entreprise européenne fait l’objet d’une enquête réglementaire, ses conseils externes mènent généralement un audit interne générant des comptes rendus d’entretien, des analyses documentaires et des évaluations stratégiques parmi les éléments les plus sensibles du dossier. Si les plateformes utilisées pour ces échanges sont soumises à l’accès de gouvernements étrangers, l’analyse du secret devient théorique. Une agence américaine enquêtant sur des faits également scrutés par des autorités européennes pourrait accéder à ces documents protégés via une demande fondée sur le CLOUD Act, contournant totalement l’analyse européenne du secret. Ce risque est particulièrement élevé dans les dossiers impliquant des procédures parallèles en matière de concurrence, de sanctions ou de corruption.

Construire une architecture souveraine pour les communications protégées

Le chiffrement contrôlé par le client est la seule mesure rendant toute contrainte légale étrangère techniquement inopérante

La décision architecturale la plus importante pour protéger le secret professionnel à l’ère numérique consiste à mettre en place un chiffrement contrôlé par le client, où le cabinet génère, gère et conserve les clés dans son propre module matériel de sécurité (HSM) ou système de gestion de clés. Dans ce modèle, le fournisseur traite les données chiffrées mais ne peut pas les déchiffrer. Lorsqu’une demande fondée sur le CLOUD Act survient, le fournisseur ne peut pas fournir de communications lisibles, car il ne détient pas les clés de déchiffrement.

Cette approche répond directement au problème structurel identifié par les lignes directrices du CCBE 2025 sur le cloud. Le chiffrement contrôlé par le client rend les obligations légales du fournisseur inopérantes, car la conformité devient techniquement impossible. Pour les cabinets soumis au cadre du §203 StGB allemand, cette architecture s’aligne sur la réforme de 2017 : si le fournisseur n’a pas accès aux données déchiffrées, le risque de divulgation non autorisée via le fournisseur est éliminé techniquement, offrant une protection supérieure à la seule confidentialité contractuelle.

Un déploiement européen à locataire unique garantit l’absence de mélange avec les données d’autres organisations

Les données d’un cabinet doivent être hébergées sur une infrastructure dédiée, sans cohabitation avec celles d’autres organisations soumises à des régimes juridiques différents. Pour les cabinets internationaux présents dans plusieurs pays européens, un déploiement à locataire unique peut servir l’ensemble du cabinet tout en préservant la souveraineté : une instance souveraine unique pour tous les bureaux, le cabinet gardant la maîtrise des clés de chiffrement, quel que soit le bureau à l’origine de la communication.

Des journaux d’audit détaillés répondent aux exigences de responsabilité professionnelle et de gouvernance client

La journalisation des accès, modifications et transferts de communications protégées apporte la preuve demandée par les clients sur la gestion des données, répond aux exigences de responsabilité du RGPD, permet de détecter tout accès non autorisé et constitue un élément documentaire que les barreaux ou tribunaux peuvent exiger en cas de contestation du secret. Pour les cabinets traitant des dossiers soumis à une surveillance réglementaire, des journaux d’audit détaillés démontrent également aux régulateurs et clients une gouvernance effective des informations protégées.

La pression des clients pousse les cabinets vers la souveraineté

DORA, EHDS et CMMC s’imposent dans les évaluations fournisseurs des conseils externes

Les cabinets européens font face à des exigences croissantes de gouvernance des données de la part de leurs clients les plus exigeants. Les institutions financières soumises à DORA doivent documenter les risques liés aux TIC de tous leurs fournisseurs, y compris les cabinets traitant des données bancaires protégées. Les laboratoires pharmaceutiques protégeant la propriété intellectuelle et les données patients au titre de l’EHDS exigent que les plateformes de leurs conseils n’ouvrent pas de failles que leur propre infrastructure a éliminées. Les industriels de la défense soumis au CMMC doivent vérifier que la gestion des données par leurs avocats répond aux standards de protection des informations contrôlées non classifiées.

Les questionnaires technologiques et cybersécurité sont désormais la norme dans les appels d’offres

Ce n’est pas une tendance à venir : les grands clients institutionnels intègrent déjà des questionnaires technologiques et cybersécurité dans leurs processus de sélection. Lorsqu’un cabinet ne peut pas démontrer que ses plateformes de communication offrent une architecture souveraine avec chiffrement contrôlé par le client, il devient plus difficile de rivaliser avec des concurrents mieux équipés. Dans les domaines les plus stratégiques—M&A, concurrence, enquêtes réglementaires, arbitrage international—la capacité à prouver la souveraineté des données devient un critère différenciant au même titre que l’expertise juridique ou sectorielle.

L’architecture souveraine répond à la fois à la menace cyber et à la menace de souveraineté

Les cabinets d’avocats figurent parmi les cibles privilégiées des cyberattaques. Selon la Law Society of England and Wales, 65 % des cabinets britanniques ont déjà subi un incident, et le premier semestre 2024 a vu 21 violations signalées aux États-Unis. La menace cyber et la menace de souveraineté sont liées mais distinctes : la cybersécurité vise à empêcher l’accès criminel non autorisé, tandis que la souveraineté concerne l’accès légalement autorisé par des gouvernements étrangers. Un cabinet qui renforce sa cybersécurité mais utilise des plateformes américaines ne traite qu’une partie du problème. L’architecture souveraine avec chiffrement contrôlé par le client répond aux deux menaces : même en cas de compromission de l’infrastructure, les données chiffrées restent illisibles sans les clés du cabinet.

Mise en œuvre pratique selon la typologie des cabinets

Les cabinets internationaux doivent déployer une plateforme souveraine unique pour tous leurs bureaux avec gestion centralisée des clés

Les cabinets internationaux présents dans plusieurs pays européens doivent déployer une plateforme de communication souveraine unique pour l’ensemble du cabinet, avec chiffrement contrôlé par le client, de sorte que leur propre infrastructure de gestion des clés empêche tout tiers d’accéder au contenu protégé. La plateforme doit unifier la protection des e-mails, le partage sécurisé de fichiers et le transfert sécurisé de fichiers sous des politiques de chiffrement et de gouvernance homogènes—garantissant qu’un document protégé circulant entre Francfort et Paris bénéficie du même niveau de souveraineté que s’il ne quittait jamais un seul bureau.

Les cabinets spécialisés et de taille intermédiaire ont besoin d’une architecture souveraine sans expertise sécurité interne

Les cabinets spécialisés et de taille intermédiaire traitent eux aussi des dossiers très sensibles. Un cabinet pénaliste de trois associés peut détenir des informations plus sensibles pour ses clients que n’importe quel dossier d’un cabinet international. Ces cabinets doivent privilégier une plateforme offrant une architecture souveraine sans nécessiter d’expertise sécurité interne, avec des options de déploiement managé et des canaux de communication intégrés qui réduisent la complexité opérationnelle tout en maintenant les mêmes standards de chiffrement et de contrôle d’accès que les grandes structures.

Kiteworks aide les cabinets d’avocats européens à préserver le secret professionnel et la confidentialité des clients

Les cabinets d’avocats européens sont confrontés à un conflit structurel entre leurs obligations de secret professionnel et leurs choix d’infrastructure technologique. Le chiffrement contrôlé par le client résout ce conflit à la racine : si le fournisseur ne peut pas déchiffrer les communications protégées, l’accès par un gouvernement étranger via ce fournisseur devient techniquement impossible, et non plus seulement interdit par la loi—une protection nettement plus robuste. Les lignes directrices du CCBE 2025, la Convention du Conseil de l’Europe et les exigences de gouvernance issues de DORA et de l’EHDS convergent toutes dans la même direction, et l’architecture souveraine y répond par une décision unique de déploiement.

Le Réseau de données privé Kiteworks offre aux cabinets l’infrastructure souveraine dont ils ont besoin pour protéger les communications couvertes par le secret professionnel et la confidentialité des clients face aux demandes de gouvernements étrangers. Kiteworks fonctionne selon un modèle de chiffrement géré par le client, où le cabinet génère et conserve les clés dans son propre système de gestion. Kiteworks n’a pas accès aux communications protégées déchiffrées et ne peut pas répondre à une demande étrangère de production de données lisibles, car il ne détient pas les clés.

Kiteworks se déploie en instance à locataire unique sur une infrastructure européenne dédiée, garantissant l’absence de mélange des communications protégées avec les données d’autres organisations. Le géorepérage appliqué par politique empêche les données protégées de sortir des frontières géographiques désignées, et la journalisation détaillée fournit les preuves de responsabilité exigées par le secret professionnel, les autorités de contrôle RGPD et les clients.

La plateforme unifie le partage sécurisé de fichiers pour la documentation transactionnelle et la collaboration sur les dossiers, la protection des e-mails pour les échanges avocat-client, le transfert sécurisé de fichiers pour les productions volumineuses et les soumissions réglementaires, ainsi que les formulaires web sécurisés pour la collecte de données clients, le tout sous un cadre de gouvernance zero trust. Les cabinets peuvent ainsi protéger tous leurs canaux de communication protégés via une seule plateforme, avec chiffrement, contrôle d’accès et preuves d’audit homogènes, en conformité avec les lignes directrices du CCBE 2025 et les obligations nationales de secret professionnel.

Pour en savoir plus sur la préservation du secret professionnel et de la confidentialité client grâce à une architecture souveraine, réservez une démo personnalisée dès aujourd’hui.

Foire aux questions

Le CLOUD Act oblige les fournisseurs de plateformes dont le siège est aux États-Unis à fournir les données sous l’autorité du droit américain, quel que soit leur lieu de stockage, sans intervention judiciaire européenne ni notification au cabinet. Lorsqu’un cabinet européen utilise une plateforme de messagerie ou de partage de fichiers américaine, les communications protégées hébergées sur cette plateforme deviennent techniquement accessibles aux autorités américaines via le fournisseur—contournant ainsi les protections européennes du secret qui exigent une autorisation judiciaire nationale. Le chiffrement contrôlé par le client, où le cabinet garde l’exclusivité des clés, est la seule mesure rendant cet accès techniquement impossible, car le fournisseur ne peut pas déchiffrer ce dont il ne détient pas les clés.

Les lignes directrices du CCBE de février 2025 imposent explicitement aux avocats de vérifier que les fournisseurs cloud ne sont pas soumis à des juridictions dotées de lois extraterritoriales imposant la remise de données à des autorités nationales non européennes—une référence directe à des lois comme le CLOUD Act. Elles exigent aussi de considérer le secret professionnel et le RGPD comme critères prioritaires dans le choix des services cloud, d’évaluer les mesures de sécurité et les capacités de chiffrement, et de s’assurer que les modalités de stockage ne compromettent pas la confidentialité. Les avocats qui choisissent des plateformes américaines sans traiter ces points s’exposent à une responsabilité professionnelle au regard du cadre CCBE et des règlements nationaux des barreaux.

L’article 203 du Code pénal allemand fait de la divulgation non autorisée d’informations client par un avocat une infraction pénale. La réforme de 2017 a élargi le cercle des personnes pouvant accéder aux secrets à certains prestataires IT, mais leur a imposé une responsabilité pénale en cas de divulgation non autorisée et a obligé les avocats à les soumettre à des accords de confidentialité. Lorsqu’un fournisseur américain est contraint par le CLOUD Act de fournir des données, il se retrouve face à un conflit direct entre la loi américaine et le droit pénal allemand. Le chiffrement contrôlé par le client résout ce conflit à la racine en s’assurant que le fournisseur ne peut jamais divulguer de données déchiffrées du client.

La Convention, adoptée à l’unanimité en mars 2025 et signée par 18 pays, est le premier traité international contraignant dédié à la protection des avocats, avec des dispositions spécifiques sur la confidentialité et le secret professionnel. L’article 7 renforce le droit des avocats à communiquer avec leurs clients sans surveillance étatique, instaurant un standard international contraignant qui impose la protection des échanges avocat-client au niveau technologique. Les cabinets utilisant des plateformes permettant l’accès de gouvernements étrangers à leurs communications protégées agissent en contradiction avec l’esprit de la Convention et les protections nationales qu’elle renforce.

Les dossiers transfrontaliers impliquant plusieurs juridictions européennes soumettent les cabinets à des doctrines du secret qui peuvent varier en portée et en intensité—l’Anwaltsgeheimnis allemand protège l’avocat contre l’intervention de l’État, le secret professionnel français relève de l’ordre public, et le common law attache le secret à la communication elle-même. Lorsque des documents protégés circulent entre différents bureaux, le cabinet doit respecter la norme la plus exigeante. Déployer une plateforme souveraine unique avec chiffrement contrôlé par le client dans tous les bureaux élimine la technologie comme variable dans l’analyse du secret, assurant que la protection architecturale du cabinet respecte ou dépasse chaque standard national applicable.

Ressources complémentaires

  • Article de blog  
    Souveraineté des données : bonne pratique ou exigence réglementaire ?
  • eBook  
    Souveraineté des données et RGPD
  • Article de blog  
    Les pièges à éviter en matière de souveraineté des données
  • Article de blog  
    Bonnes pratiques pour la souveraineté des données
  • Article de blog  
    Souveraineté des données et RGPD [Comprendre la sécurité des données]
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